Plusieurs défis continuent de freiner les efforts d’alphabétisation à Goma et dans plusieurs régions à l’Est de la RDC, a indiqué le collectif Alpha Ujuvi lors d’une conférence de presse organisée à Goma, ce lundi 7 septembre, à son bureau-siège, en marge de la célébration de la Journée internationale de l’alphabétisation, commémorée chaque 8 septembre.
Parmi ces défis, note la Rév. Sœur Deodata Bunzigiye, secrétaire exécutive du Collectif Alpha Ujuvi, figurent les catastrophes naturelles, les crises sanitaires ainsi que les conflits armés, qui contribuent à reléguer l’éducation et l’alphabétisation au second plan.
« Tout cela fait que l’éducation en général et l’alphabétisation en particulier semblent ne pas être une priorité », a-t-elle déclaré.
Pour la secrétaire exécutive du Collectif Alpha Ujuvi, l’éducation et l’alphabétisation devraient pourtant se poursuivre, même en période de crise.
« Cela devrait être le contraire, car même lorsqu’il y a ce genre d’événements, l’éducation et l’alphabétisation doivent continuer. Pour nous, c’est un défi, parce qu’il est souvent difficile de dire aux partenaires que l’alphabétisation reste importante. C’est comme si on disait que l’on se moque de la situation ou de l’événement, et l’on nous demande si c’est vraiment une priorité », a-t-elle expliqué.
Elle estime que l’alphabétisation demeure une nécessité, notamment pour permettre à ceux qui n’ont pas eu accès à l’éducation de développer des compétences essentielles à leur vie quotidienne.
« Pour nous, oui, c’est une priorité, parce que plusieurs personnes continuent de ne pas savoir lire, écrire et calculer, et aujourd’hui, à utiliser les nouvelles technologies dans leur quotidien. Il devient donc urgent de les alphabétiser. C’est vraiment un défi majeur. Cependant, le plus grand défi reste celui des moyens », a-t-elle poursuivi.
Selon Alpha Ujuvi, l’insuffisance des financements constitue l’un des principaux obstacles à la mise en œuvre des programmes d’alphabétisation. La secrétaire exécutive regrette notamment que certains partenaires accordent davantage de priorité à d’autres secteurs, comme l’agriculture ou la santé.
« Parfois, les partenaires hésitent à mettre autant de moyens dans les programmes d’alphabétisation. On priorise l’agriculture, la santé, et on oublie que si la personne est alphabétisée, le reste va de soi, car les expériences l’ont déjà prouvé. L’alphabétisation est un levier du développement durable et un vecteur d’inclusion sociale », a souligné la Rév. Sœur Deodata Bunzigiye.

De son côté, Jean Bosco Bayongwa, agent du Collectif Alpha Ujuvi au service pédagogique et andragogique, plaide pour l’intégration de l’alphabétisation des adultes dans le programme national.
Il appelle notamment à renforcer l’enseignement de la lecture, de l’écriture et du calcul en faveur des adultes qui n’ont pas eu la possibilité de suivre une scolarité régulière. Selon lui, la maîtrise de ces compétences constitue un premier pas vers la dignité, l’autonomie et le développement économique des personnes concernées.
Cette conférence de presse a été organisée en marge de la Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée autour du thème international : « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité ».
Au niveau local, la célébration est placée sous le thème : « L’alphabétisation et les défis climatiques ».
Le Collectif Alpha Ujuvi est une organisation nationale créée en 2001 et engagée notamment dans la promotion de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes. À travers ses différentes actions, l’organisation entend contribuer à l’autonomisation des personnes qui n’ont pas eu accès à l’éducation, en leur permettant notamment d’acquérir des compétences de base en lecture, en écriture et en calcul, mais aussi de renforcer leur participation à la vie économique et sociale.
La Rédaction

