Goma : les scouts lancent la Semaine scoute par une opération de reboisement au port public

Le district scout ville de Goma a marqué le début de la Semaine scoute ce mardi 17 février 2026 par une action écologique de grande envergure au niveau du port public de Goma.

Après une marche de santé et de sensibilisation dans les rues de la ville, des dizaines de scouts, plants d’arbres en mains et chants scouts aux lèvres, se sont retrouvés au niveau de ce site touristique de la ville pour une opération de reboisement.

Sur place, ces jeunes ont procédé à la plantation d’arbres le long de la route et dans plusieurs espaces stratégiques, contribuant ainsi à la beauté de ce coin de la ville et à la lutte contre le réchauffement climatique.

Selon Justin Bahati Safari, totemisé « Bichon Persistant » et membre du comité scout du district de Goma, cette activité marque le lancement officiel des manifestations dédiées à la mémoire de Robert Baden-Powell, fondateur du scoutisme, célébré chaque 22 février à travers le monde.

« Chez les scouts, un article de la loi scoute nous enseigne qu’un scout aime et protège la nature. Commencer cette semaine scoute par le reboisement n’est pas un hasard. Nous voulons rendre notre ville plus belle et contribuer à la protection de l’environnement tout en sensibilisant la communauté sur les effets du changement climatique…», a-t-il déclaré.

Ce dernier appelle la population de Goma à s’approprier cette initiative et à protéger les arbres qui viennent d’être plantés afin d’en assurer la survie.

L’initiative a marqué de nombreux passants sur ce tronçon, qui ont admiré l’engagement des scouts ainsi que leur mobilisation pour la construction et le développement écologique de leur ville. Beaucoup ont vu en eux une jeunesse consciente, responsable et sur laquelle le pays peut réellement compter.

Il sied de noter que plusieurs autres activités sont programmées à Goma dans le cadre de cette Semaine scoute, notamment l’assainissement dans certaines structures sanitaires de la ville, une campagne de don bénévole de sang, une veillée scoute ainsi qu’une caravane motorisée dédiée à la promotion de la paix avec comme thème «Jeunesse compétente pour une ville durable, inclusive et pacifique»

Emmanuel Barhebwa

Construire la paix par l’information : des journalistes congolais et rwandais réunis en atelier à l’initiative de la CEJP-Rwanda

C’est dans le cadre du projet Amani Kwetu qu’une trentaine de journalistes de Goma, en République démocratique du Congo, et de Rubavu, au Rwanda; ont été outillés mercredi 21 janvier 2026 sur leur responsabilité dans la promotion de la paix au sein de leurs deux pays et dans toute la sous-région des Grands Lacs, marquée par des décennies de conflits armés et de tensions politiques récurrentes.

La Commission épiscopale Justice et Paix du Rwanda (CEJP-Rwanda), structure porteuse de cette initiative, justifie sa démarche, explique l’abbé Valens Niragire son responsable, par la volonté de produire et de diffuser au sein des communautés des contenus informationnels qui font la promotion de la paix plutôt que la guerre, l’amour et la cohabitation pacifique au lieu de la haine et de la méfiance, ainsi que la justice sociale.

Séance tenante, les journalistes ont été appelés à faire preuve de responsabilité et à se baser sur quatre principes fondamentaux dans le traitement de l’information : « Dire sans nuire, montrer sans choquer, dénoncer sans condamner et informer sans décourager ».

Conscients du fait qu’ils sont parfois eux-mêmes victimes des conflits armés dans la région, les professionnels des médias ont été invités à la retenue et à l’objectivité dans leur travail.
« Une information traitée avec émotion peut envenimer la situation. Une image ou des mots peuvent aussi tuer, au même titre que les armes », a souligné Mme Aisha Umukobwa, facilitatrice de la session.

Émus par les échanges, les journalistes participants à cette assise ont pris l’engagement de devenir des bâtisseurs de paix dans la région, en freinant la propagation de tout discours de haine ou de manipulation de l’opinion publique.
Ils ont promis d’accorder davantage d’espace, dans leurs médias respectifs, aux messages de paix et de cohabitation pacifique, de donner plus de voix aux leaders religieux et aux acteurs communautaires influents qui œuvrent pour le vivre-ensemble et qui découragent la haine.

« J’ai été marqué par la richesse des échanges avec les collègues du Congo. Ensemble, nous avons partagé nos expériences et compris que notre travail a un impact très important au sein de nos communautés. D’où mon engagement à pratiquer désormais un journalisme de paix, qui fait barrage à tout discours de haine et à toute information susceptible de diviser », a témoigné Shema Salomon, journaliste basé Rubavu, travaillant pour le média Rwanda Broadcasting Agency.

Même impression pour Jean-Rostand Vusangi, journaliste basé à Goma, qui estime que de telles initiatives devraient se multiplier afin de renforcer la cohésion entre les populations des deux pays et de bannir la méfiance alimentée par les tensions politiques persistantes entre leurs autorités.

Des sessions similaires ont été annoncées par la même organisation en faveur des journalistes d’autres zones transfrontalières, notamment ceux de Bukavu, au Sud-Kivu, et de Cyangugu, au Rwanda.

Emmanuel Barhebwa

Goma – Littérature : l’auteur Olivier Kusinza lance sur le marché du livre « Maya, Religieuse ou Épouse » et « Les Fleurs de la Cendre »


Le vernissage de ces deux ouvrages, édités aux éditions KivuNyota, basées en ville de Goma, a eu lieu ce vendredi 23 janvier 2026 dans la grande salle du Complexe Scolaire Mama Mulezi Secondaire, institution où l’auteur exerce en qualité d’enseignant de français.


L’activité a connu la participation d’un nombre important d’élèves de cette école, ainsi que des enseignants et d’autres invités, parmi lesquels la sœur supérieure de la congrégation des Sœurs Filles de Marie.

L’événement a été marqué par des échanges entre le public et l’auteur. Ces discussions ont permis à Olivier Kusinza de revenir sur le contenu de ses deux romans, qu’il affirme être inspirés des réalités concrètes de la société dans laquelle il évolue.


S’agissant de « Maya, Religieuse ou Épouse », Olivier Kusinza a expliqué l’origine de l’inspiration qui l’a conduit à concevoir une histoire mettant en question le choix entre la vocation à la vie religieuse et celle à la vie conjugale.


« Dans cet ouvrage, je reviens sur ce dilemme qui marque la vie de nombreux jeunes adolescents qui, d’un côté, se sentent appelés à servir Dieu dans la vie religieuse et, de l’autre, font face aux avances de l’amour. J’invite ici le lecteur à rester ferme dans ses convictions face aux dilemmes qui jalonnent la vie », a souligné le frère Olivier Kusinza, religieux et membre de la congrégation des Frères Serviteurs de Jésus.


Concernant son roman « Les Fleurs de la Cendre », l’auteur indique avoir développé essentiellement la thématique de l’espérance. Il souligne que, quelle que soit la souffrance traversée, il existe toujours une raison d’espérer, car « toute souffrance a une fin et la fin est toujours heureuse ».


Le vernissage de ces deux romans a été salué par l’ensemble des proches et amis d’Olivier Kusinza, parmi lesquels la sœur préfète du Complexe Scolaire Mama Mulezi Secondaire, pour qui ces publications constituent une véritable source d’inspiration tant pour les élèves que pour les enseignants.


Des hommages ont également été rendus à la maison d’édition Kivu Nyota, reconnue comme une référence à Goma et dans toute la partie Est de la RDC, pour son rôle d’accompagnement et d’encadrement des projets littéraires des auteurs locaux.
Les ouvrages d’Olivier Kusinza sont disponibles au siège de la maison d’édition, sur le site www.kivunyotaedition.com, ainsi qu’au numéro de téléphone +243 999 098 773.


Emmanuel Barhebwa

Fidel Ubuntu : le projet « Wabi Jiwe langu kwa usalama Wamachariki ya Congo » mise sur le Festival Tumaini pour consolider l’espoir à Beni


À l’occasion du Festival Tumaini qui se tient à Beni du 17 au 18 janvier 2026, rendez-vous emblématique dédié à l’espoir et à la résilience, Fidel Ubuntu, chef du projet «Wabi Jiwe langu kwa usalama Wamachariki ya Congo» et membre d’Ubuntu Panafrica, a exprimé sa confiance et sa détermination à contribuer à la dynamique de paix en cours dans la région de Beni.


Se confiant à Kivu Nyota, en marge des activités du festival, Fidel Ubuntu a rappelé que Tumaini, qui signifie espoir, s’inscrit parfaitement dans la vision portée par son projet : faire de Beni non plus un symbole de désespoir, mais une terre de vie, de liberté et d’engagement citoyen.

Un projet né de la conviction que Beni est une terre d’espoir

Lancé il y a trois ans, le projet « Wabi Jiwe langu kwa usalama Wamachariki ya Congo » a débuté à Watalinga, une zone longtemps affectée par l’insécurité. Selon son chef de projet, la première étape a consisté à déconstruire la peur et à démystifier les groupes armés, en rappelant qu’aucun ennemi n’est invincible face à un peuple uni et conscient de sa force.
« Face à ceux qui ont choisi la mort, nous avons fait le choix d’imposer la vie, l’espoir et la lumière », a-t-il souligné.


Le mariage civilo-militaire au cœur de la stratégie

Au centre de l’approche défendue par Fidel Ubuntu se trouve le concept de mariage civilo-militaire, présenté comme un pilier incontournable de la sécurité durable. Pour lui, la victoire enregistrée dans certaines zones n’est ni celle d’une organisation ni celle d’un individu, mais celle du peuple congolais, particulièrement de la jeunesse de Beni et de Butembo, engagée aux côtés des Forces armées.
Cette collaboration entre civils et militaires aurait permis d’étendre les actions du projet à plusieurs localités du territoire de Beni, notamment Iringeti, Oicha, Mbau, Bulongo, Kissima et Kasindi, avec des résultats jugés encourageants.
Des résultats qui redonnent confiance aux populations
Les acquis enregistrés à Watalinga ont servi de référence pour renforcer la mobilisation communautaire dans l’ensemble de la région. Refusant la résignation et les villes mortes, la population de Beni a choisi, selon Fidel Ubuntu, d’accompagner l’armée dans la lutte contre l’insécurité.
Cette dynamique aurait contribué au recul progressif des ADF hors de Beni, poussés vers d’autres zones, tandis que l’initiative s’est étendue en 2025 vers l’Ituri, notamment à Mambasa, Komanda et Bunia.

Le Festival Tumaini, vitrine d’un Beni en mutation

Pour le chef du projet «Wabi Jiwe langu kwa usalama Wamachariki ya Congo», la tenue du Festival Tumaini à Beni est en soi un message fort. Elle symbolise la transformation d’une ville autrefois perçue comme un mouroir en une terre d’accueil et d’espoir, au point d’attirer aujourd’hui des populations venant d’autres zones en crise.
« Si cela est possible à Beni, cela est possible ailleurs en République démocratique du Congo », a-t-il affirmé, appelant à une appropriation nationale de cette approche.


Un appel à l’engagement citoyen et à la jeunesse


Fidel Ubuntu insiste : « Ubuntu Panafrica ne cherche pas la notoriété, mais la prise de conscience ».

Chaque Congolais est appelé à s’interroger sur sa contribution personnelle à la sécurité, souligne-t-il , que ce soit par la dénonciation, l’appui aux forces de défense ou l’engagement direct.
S’adressant particulièrement aux jeunes, il a rappelé que l’avenir n’est pas une promesse lointaine, mais une responsabilité immédiate. « L’avenir, c’est maintenant », a-t-il martelé, exhortant la jeunesse à agir aujourd’hui pour garantir un lendemain sûr, fondé sur la sécurité, la paix et le développement.

La Rédaction

Bombardement de Masisi: «Un crime de guerre qui choque…»(Notable Blaise Baibonge)

Le drame qu’a connu la cité de Masisi centre ce vendredi 02 janvier 2026 continue à susciter des vives réactions d’indignation au sein de l’opinion tant locale que nationale, condamnant le meurtre de civils innocents dans un conflit armé auquel ils ne sont pas mêlés.

Natif du village Mahanga dans le groupement Nyamaboko 1er, Blaise Baibonge, notable de Masisi, a adressé ce samedi 03 janvier un message de regret face à cette résurgence de la violence dans son milieu natal, tout en compatissant avec toutes les familles victimes et en appelant les belligérants au respect des principes de guerres qui exigent d’épargner les vies des civils dans les conflits.

En effet, une bombe a été lancée sur les habitations des civils dans l’agglomération de Masisi centre vendredi 2 janvier 2026, dans le territoire de Masisi à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) dans la province du Nord-Kivu. Les sources concordantes sur place ont annoncé que le bombardement a ciblé la base d’une organisation humanitaire qui mène des activités de protection de l’enfance sur l’ensemble du territoire.

Cette installation est située en plein centre à proximité du commissariat territorial de la police. Les deux institutions partagent le même chemin avec le tribunal de paix. Les sources contactées par Kivu Nyota à 13h52 minutes vendredi, quelques secondes après le drame, ont annoncé une dizaine de morts, sous une panique totale. Les sources médicales ont rendu public un bilan provisoire de deux personnes mortes et de quarante-deux blessées.

L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) qui mène son intervention médicale en appui à l’hôpital Général de Référence de Masisi a corroboré le même bilan.

Des familles sont en deuil. À Masisi Centre, tout comme sur l’ensemble du territoire, on déplore cette énième attaque visant les zones peuplées.

Kivu Nyota est entré en contact avec la famille d’une des victimes qui, sous les larmes, n’a pas caché sa désolation. “C’est un profond chagrin. Je viens de perdre mon cousin et beaucoup de connaissances sont acheminés à l’hôpital dans un état critique. Cette guerre nous prend tout ce qui est cher. Elle doit cesser à tout prix.” a-t-il confié.

Une douleur immense pour le notable Baibonge Blaise

Ce drame survenu sur la commune rurale de Masisi plonge Blaise Baibonge dans le désarroi, confie-t-il. Ce notable de Masisi dit partager la douleur de toutes les familles dont les larmes coulent encore en ce début d’année.

“C’est avec une profonde émotion et une grande tristesse que nous avons appris le bombardement qui a sûrement frappé la population. En cette circonstance douloureuse, nous adressons nos sincères condoléances aux familles des victimes et exprimons notre solidarité à toutes les personnes affectées par cette tragédie. Nos pensées accompagnent également les blessés et l’ensemble des communautés éprouvées” a-t-il déclaré dans son message de compassion.

Exprimant son affliction, ce notable de Masisi appelle la population à renforcer la résilience et à toujours espérer en la restauration d’une paix durable malgré les tumultes vécus depuis le début de cette guerre. « Sachez que, quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours par se lever » motive-t-il ses frères.

Dans cette attitude, il a réveillé la conscience des belligérants, les exhortant à adhérer aux valeurs de la paix quoi qu’il en coûte. « En ce moment de deuil, nous réaffirmons notre attachement aux valeurs de paix, de dignité humaine et de solidarité. Il est inadmissible et inacceptable de continuer à larguer des bombes dans des zones peuplées. Des enquêtes doivent être lancées au niveau international et les auteurs de ce crime de guerre doivent être poursuivis afin de rendre justice à toutes les victimes » a-t-il tonné.

Ce samedi 03 janvier 2026, de nouveaux affrontements entre la Coalition FARDC-Wazalendo et les troupes de l’AFC-M23 ont été signalés dans les villages et entités environnant Masisi centre, occasionnant de nouveaux déplacements des populations et aggravant la crise humanitaire dans cette partie du Nord-Kivu.

La Rédaction

Culture-Survivants Gold: l’événement qui a révélé l’impressionnant talent de l’humoriste Merveille Kanze à Goma

Artiste Humoriste évoluant à Goma, à l’Est de la RDC, Merveille Kanze a osé et réussi son deuxième one-man-show de cette année 2025, tenu le 21 décembre dernier à l’espace Alliance Française. L’événement a rassemblé de centaines de participants profondément touchés, à en croire leurs témoignages, validant le haut niveau de ce talentueux artiste.

Intitulé « Survivants Gold », ce spectacle a été bien plus qu’un simple moment de rires. Il a offert une réelle occasion de réflexion sur la manière de transformer les douleurs liées aux tristes événements de Goma en une force collective pour le développement de cette ville résiliente.

L’idée du projet est née du précédent spectacle de l’artiste, « Survivants », présenté en juin 2025 au Foyer Culturel de Goma.

« C’est l’accueil chaleureux du public qui m’a inspiré à concevoir quelque chose de plus grand. D’une certaine manière, Survivants Gold est une œuvre réclamée par le public lui-même », confie Merveille Kanze.

À travers ce show, il n’a pas seulement fait rire son public, mais il a aussi transmis un message fort; un message d’espoir et de résilience.

« Je me bats pour donner du sens à l’humour engagé. Ne pas juste faire rire, mais faire réfléchir sur ce que ces rires changent dans la société. Ce spectacle, c’est un hommage à la résilience de mon peuple, qui a arrêté de pleurer pour espérer. Car rire, c’est aussi résister. C’est refuser de céder à la peur » souligne-t-il.

Encouragé par ses fans et par les retours positifs des participants au spectacle «Survivants Gold » , Merveille Kanze envisage désormais une tournée à travers plusieurs villes de la RDC, voire à l’international, pour transmettre son message et partager des instants de bonne humeur dans un monde où « les médias sont souvent saturés de mauvaises nouvelles ».

Il croit fermement au pouvoir thérapeutique et unifiant de son art, ce qui motive son engagement à apporter plus de créativité dans l’humour pour continuer à faire sourire un public plus large.

La Rédaction