Goma, République Démocratique du Congo – Dans le cadre de la lutte contre les erreurs médicales, une équipe de jeunes innovateurs de Goma a mis en place une solution technologique innovante : des bracelets et des cartes qui permettent de stocker les données médicales des patients. Cette initiative, baptisée HealthLink, a été présentée au public de Goma lors d’une conférence organisée ce samedi 22 novembre 2025 dans l’enceinte de Go innovation, siège temporaire de ces innovateurs.
Selon le Docteur Chris Kitumaini, membre de Kilo Volt Lab, l’entreprise à l’origine de cette innovation, les erreurs médicales sont un problème réel dans les structures de santé de la région.
« Il est fréquent que des gens amènent à l’hôpital un malade en état d’inconscience sans avoir aucune information sur son identité, sa famille, son allergie, son groupe sanguin, ses dernières consultations médicales, son état sérologique, etc…» explique-t-il. « Et lorsqu’un professionnel de santé tombe sur un tel cas, il est guidé par l’instinct pour prendre des décisions sur le traitement. Et c’est cela qui l’expose justement à des éventuelles erreurs médicales ».
Les données del’OMS, citées par Kilo Volt Lab, révèlent que chaque année, plus de trois millions de personnes dans le monde meurent à cause des erreurs médicales, dont près de la moitié en Afrique.
Pour réduire ces risques, les innovateurs de Kilo Volt Lab ont mis en place des bracelets et des cartes munis de codes QR qui renvoient aux données du patient contenues dans une application mobile. Cette application, appelée HealthLink, comporte deux sections : une réservée aux médecins et une autre accessible à tout le public.
« La section destinée aux médecins renferme des données confidentielles du patient, ses dernières consultations, ses allergies, et tout ce qui peut guider avec précision une nouvelle prescription médicale », explique l’ingénieur Elvis Ansima, Directeur de Kilo Volt Lab et l’un des concepteurs de ce dispositif. « La section destinée à tout le public donne tout simplement des renseignements sur l’identité du patient, son adresse et surtout un espace d’alerte pour envoyer un message à un membre de famille ou un proche lorsque l’utilisateur est en état d’inconscience ».
Les concepteurs de HealthLink soulignent que l’accès à l’application est sans condition pour tout le public détenant un smartphone, mais que les médecins doivent s’enregistrer pour accéder à la section qui leur est réservée.
Il a également été révélé que l’application pourrait faciliter aussi l’échange d’informations entre médecins, même en situation où le patient est conscient. « Il arrive des situations où le patient, bien qu’en état de conscience, n’arrive pas à fournir des informations cohérentes et sûres sur son état. C’est à ce niveau qu’interviendra l’application pour éclairer le médecin sur les dernières conclusions de ses prédécesseurs« , a ajouté l’ingénieur Ansima.
Une solution spécifique à un problème réel
Cette innovation a été saluée par les professionnels de santé présents à la conférence, qui ont encouragé une large vulgarisation de ce message au sein de la communauté.
« C’est une solution qui permettra au médecin de faire des diagnostics précis, dans n’importe quelle situation de telle manière que lorsque le malade ne sait pas s’exprimer, ses informations parleront à sa place », a déclaré le Docteur Benoît Baguma, médecin participant à la séance.
Les témoignages d’autres médecins présents à la conférence ont également souligné l’importance de cette innovation dans le contexte de la région marquée par des tensions récurrentes.
« Lors des périodes de conflit, nous avons reçu des blessés de guerre sans identification. Les familles devaient parfois fouiller parmi les cadavres pour retrouver leurs proches, ce qui aggravait leur douleur. Avec cette innovation, nous aurions pu éviter cette souffrance et sauver des vies. » a témoigné un autre médecin présent.
Les innovateurs de Kilo Volt Lab qui vendent leurs bracelets à six dollars américains la pièce, restent ouverts à d’autres orientations pouvant améliorer leur créativité et appellent les autorités à soutenir leur initiative pour sauver des vies. Ils se laissent joindre au numéro whatsapp +243 971 774 989.
Située dans la zone de santé de Kyondo en Territoire de Béni, l’aire de santé de Kasongwere est confrontée à l’insuffisance des intrants médicaux pour diagnostiquer et traiter les maladies.
Cette révélation a été faite par l’infirmière Titulaire Adjointe du centre de santé de Kasongwere joint par KivuNyota vendredi 04 juillet dernier dans cette partie du groupement Isale-Kasongwere en chefferie de Bashu.
Alors que les maux de tête et la malaria touchent massivement Les militaires, leurs femmes et les habitants venus des autres juridictions de la province du Nord-Kivu, la prise en charge demeure de plus en plus complexe en raison de l’insuffisance des intrants médicaux, a précisé Katungu Alphonsine appelant à un accompagnement des autorités et des organisations humanitaires pour éviter d’éventuelles conséquences.
« Les nouveaux vénus accusent les maux de tête et le paludisme. Nous n’avons pas d’intrants pour diagnostiquer et traiter le paludisme. Ce qui complique davantage la prise en charge. Les femmes des militaires arrivent aussi ici au centre et manifestent des malaises ventrales » a-t-elle témoigné.
Par ailleurs, elle ajoute que les rapports sexuels non protégés entre les militaires, les femmes mariées ou les jeunes filles dans cette partie du territoire de Beni restent à la base d’une persistence des IST. «il faut signaler que les militaires,les femmes mariées et jeunes filles font des relations sexuelles non protégées, chose qui explique la hausse vertigineuse des infections sexuellement transmissibles dans la zone », a-t-elle indiqué, exprimant la nécessité d’une sensibilisation de masse au sein de la communauté locale et plus particulièrement à l’intention des filles qui s’adonnent à la prostitution.
Installée depuis environ deux ans sur ce site situé au Sud-Est de la ville de Goma, cette Clinique mobile de l’organisation humanitaire « Kivu Emergency Médical Group (KEMG) fait face à des nombreux défis d’ordre logistique, en cette période post-combats en ville de Goma.
Coupée de l’aide humanitaire et de l’accès aux intrants médicaux depuis quelques temps, la clinique éprouve désormais des sérieuses difficultés à prendre en charge des milliers des déplacés qui ont rejoint le site de Bulengo lors des récents affrontements entre le M23 la coalition FARDC-Wazalendo.
D’après l’infirmier KAKULE Messi Joseph, l’un des responsables de cette structure sanitaire, les ressources deviennent de plus en plus limitées dans la prise en charge des malades et des blessés de guerre dans cette clinique, malgré l’engagement des médecins et personnels soignants qui rendent ce service à la communauté de façon bénévole depuis maintenant deux ans. « Nos équipes travaillent sans relâche, mais malheureusement, nos ressources sont limitées. Nous n’avons aucune rémunération pour le personnel médical et paramédical, ce qui freine notre capacité d’intervention. Nous avons aussi un sérieux problème d’approvisionnement en médicament pour garantir la pérennité des soins médicaux dans cette zone de crise. Nous appelons à l’aide de toutes les personnes de bonne volonté afin d’améliorer cette situation » déclare-t-il.
Retrouvés sur place quelques bénéficiaires des soins médicaux de la clinique ont profité de notre micro pour exprimer leur reconnaissance envers l’ONG et ses équipes.
« Grâce à KEMG, nous avons pu recevoir des soins, même en cette période difficile. Nous leur devons notre santé et nos vies » a affirmé l’une des bénéficiaires, visiblement émue.
Et une autre d’ajouter : » Si des partenaires peuvent nous entendre ici, je peux leur demander d’appuyer ces médecins. Ils font d’énormes sacrifices pour sauver des vies des personnes vulnérables que nous sommes. Sans eux, on compterait aujourd’hui beaucoup de morts à l’intérieur de ce camp ».
Il faut dire que plusieurs déplacés de guerre ont pris refuge dans le site de Bulengo à l’arrivée du M23 dans la ville de Goma suite aux violents affrontements qui l’ont précédé dans la semaine du 26 au 30 janvier dernier, Après leur installation dans la ville, les responsables du M23 ont autorisé le retour des déplacés de guerre dans leurs villages d’origine, mais pour des raisons d’ordre économiques, logistiques et sécuritaires avancées, certains auraient été autorisés à loger momentanément dans le site de Bulengo préparant leur retour progressif.
C’est dans ce contexte que la prise en charge médicale de ces derniers préoccupe au plus haut point le personnel soignant de l’ONG KEMG, cette organisation humanitaire au service de la communauté opérationnelle depuis 2014 par Monsieur Jean-Pierre KAPOSO, avec comme vision de fournir les soins de santé aux plus vulnérables. Plus de 7800 patients ont déjà été pris en charge dans la clinique mobile de l’ONG KEMG depuis son installation il y a deux ans sur le site des déplacés de Bulengo.
Le bilan des combats pour le contrôle de la ville de Goma entre dimanche 26 et jeudi 30 janvier 2025 dans l’Est de la RDC a atteint près de 3000 morts, rapportent les Nations Unies dans une nouvelle communication mardi 04 février 2025 sur la situation humanitaire dans cette région du pays.
Craignant la propagation des épidémies suite à la décomposition des corps dans plusieurs structures sanitaires déjà saturées, les agents humanitaires ont entamé depuis le début de la semaine le processus d’enterrement des corps dans plusieurs sites à Goma.
Ce mardi 05 février, des enterrements se sont déroulés au cimetière de l’ITIG, près de l’aéroport de Goma, en l’absence des familles, rapporte actualité.cd, qui indique que « beaucoup de victimes sont enterrées dans l’anonymat ».
Selon Bounena Sidi Mohamed Directeur Adjoint d’OCHA,basé à Goma, «l’enterrement rapide est essentiel pour prévenir des risques sanitaires, notamment les épidémies » .
Nous travaillons avec nos partenaires, a-t-il souligné à RFI, pour accélérer cette opération.
Pendant ce temps plusieurs familles à Goma qui restent sans nouvelles de leurs proches disparus durant la semaine des affrontements, ne se limitent qu’à lancer les avis de recherche dans les réseaux sociaux, espérant à un miracle.
Des centaines des blessés encore pris en charge dans des structures sanitaires de la place attendent également le renforcement des intrants médicaux dans la région, pour espérer quitter leurs lits d’hôpital.
Face à cette situation, le Coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo, Bruno Lemarquis a, dans une communication à la presse mardi, appelé à la mobilisation immédiate pour la réouverture de l’aéroport de Goma, indispensable pour l’acheminement de l’aide et l’évacuation des blessés.
C’est sous le thème « identification et gestion des maladies infectieuses et parasitaires chez les enfants en situation de déplacement » qu’une séance de capacitation à l’intention des étudiants et prestataires de santé a été organisée samedi 14 décembre 2024 à Goma par PENE FOUNDATION en partenariat avec Fucus Congo, dans le cadre des préparatifs de la deuxième phase de la campagne de deparasitage des sites des déplacés.
Tenue dans la grande salle de l’Université de Goma,cette formation, indique MANEGUE Staël Claire,vice coordinatrice chargée des projets chez PENE FOUNDATION; a permis d’outiller les participants sur les techniques nécessaires pouvant les aider à améliorer leurs interventions dans les sites de déplacés pour y diminuer la propagation des maladies infectieuses.
» Au cours de cette séance le facilitateur nous a outillé sur comment combattre les maladies infectieuses, le dépistage et la prise en charge au sein des sites des déplacés concernant les enfants en âge scolaire et préscolaire. C’était un moment de livrer aux participants les stratégies qu’ils peuvent mettre en place dans les camps des déplacés internes, des stratégies adaptées à ces zones peuplées et exposées à des infections » a-t-elle déclaré.
Elle affirme par ailleurs que « dès la semaine qui commence nous effectuerons des pre-descentes pour apprêter le terrain et au cours de la même semaine,nous enverrons des équipes sur le terrain pour accomplir notre mission en déparasitant les enfants déplacés ».
Muhindo Samuel l’un des membres fondateurs de PENE FOUNDATION qui s’est livré à Kivu Nyota, encourage les résultats obtenus pendant la première phase de la campagne de déparasitage et se réjouit du fait que la séance de ce jour est revenu sur les défis rencontrés durant cette phase et sur les moyens de les contourner.
« Avec nos différentes contributions, nous menons des activités de déparasitage et pour la première phase nous avons ciblé 6000 enfants d’âge préscolaire et scolaire au niveau du site de Lushagala.Déjà certains responsables des familles ont encouragé cette activité menée en faveur des enfants, voilà pourquoi nous décidons de continuer à élargir ce programme pour permettre aux camps de déplacés de bénéficier de cette assistance médicale. Cette séance d’aujourd’hui reste notre pilier et croyez-moi,nous obtiendront des résultats satisfaisants durant cette deuxième phase » a-t-il souligné.
Il note toutefois quelques défis liés aux moyens et à la promiscuité de la vie dans les camps de déplacés et sollicite de ce fait l’appui du Gouvernement et de ses partenaires pour les aider à améliorer leurs interventions.
Les participants satisfaits
Étudiante en L3 Santé Publique, Sephora Bolamba l’une des participantes à cette séance de capacitation se dit satisfaite par « les riches échanges durant cette formation ». Elle réitère son engagement dans l’accompagnement de la population vulnérable.
« Je viens de participer à une formation de déparasitage et je vous assure qu’après cette étape, je compte apporter ma contribution dans la communauté surtout en soutenant ces personnes vulnérables.Je n’avais d’idées suffisamment claires par rapport aux maladies infectieuses et tout ce qui va avec mais grâce à cet atelier, J’ai obtenu plusieurs renseignements autour d’une maladie infectieuse, son évolution et comment l’éradiquer. Nous adressons nos sincères remerciements aux organisateurs de cette formation qui nous aide à avoir des nouvelles notions et c’est une façon de nous investir dans le monde professionnel » a déclaré Sephora.
Certains points notamment la reconnaissance des signes et symptômes des maladies infectieuses fréquentes chez l’enfant, le Protocole de dépistage et de diagnostic rapide des maladies infectieuses fréquentes chez l’enfant ;les mesures de prévention entre-autres le déparasitage et le traitement à adapter à un environnement de Camp de déplacés ont été évoqués.
Il sied de signaler que les maladies infectieuses frappent plusieurs camps des déplacés internes situés dans et autour de Goma. Cette situation n’écarte pas bien évidemment les enfants déplacés qui méritent un encadrement absolu pour améliorer leur développement.
À l’occasion de la célébration de la journée nationale de l’arbre ce jeudi 05 décembre 2024, ces deux structures engagées dans la protection de l’environnement ont organisé une campagne de sensibilisation des déplacés du site de Rusayu dans la chefferie de Bukumu en Territoire de Nyiragongo orientée vers l’utilité de l’arbre au sein dudit site.
Selon Olivier Hekima coordonnateur de l’organisation PRPDE (Programme de Reconstruction et de la Pacification pour le Développement Économique) plus de 100 arbres ont été plantés ce jour par les membres de son organisation appuyés par les déplacés de guerre.
Revenant sur sa grande Vision qui sera poursuivie durant l’année 2024,cet acteur environnementaliste indique que plus de 100 000 arbres seront plantés dans l’angle d’améliorer l’environnement au Nord-Kivu singulièrement et en République Démocratique du Congo en général.
L’arbre et l’homme sont des amis, reconnaît-il, voilà pourquoi les zones de refuge des déplacés ont été ciblées par ce projet afin de reconstituer la végétation détruite au moment de l’arrivée massive de ces derniers.
« Comme vous le savez, beaucoup de personnes s’étaient déplacées et avaient érigé des abris provisoires en utilisant les arbres .Cette pratique a provoqué une diminution des arbres car nombreux étaient coupés. Voilà pourquoi le PRPDE accompagné par IEDA Relief, nous avons jugé mieux d’intervenir dans le reboisement. C’est pourquoi nous sommes ici à Rusayu pour célébrer la journée de l’arbre, en plantant plus de 100 aujourd’hui. Depuis le début des activités relatives à ce projet, au-moins 7200 arbres ont déjà été plantés en collaboration avec AIDES etc. Dans Quartier lac Vert ,nous avons planté 2200 arbres et dans le groupement Kibati on a planté 5000 arbres. Nous voudrions durant l’année 2025 planter plus ou moins 100 000 arbres » a-t-il indiqué.
Celui-ci demande un soutien du Gouvernement et des autres structures engagées dans la même lutte pour la matérialisation de cette œuvre capitale pour l’humanité entière.
Les déplacés associés à cette initiative éco responsable ont aussi encouragé leurs visiteurs s’engageant à pérenniser cette action.
« Nous nous engageons dans la plantation des arbres .Lorsque nous avons fui, beaucoup d’arbres ont été coupés.C’est pourquoi nous décidons d’activer ce projet pour améliorer l’environnement » a déclaré l’un des déplacés.
Ces initiatives de reboisement interviennent à une période où le Parc National des Virunga situé dans la province du Nord-Kivu fait face à une forte menace suite à l’exploitation illicite des bois à l’intérieur dudit Parc par les rebelles du M23 appuyés par l’armée Rwandaise. Le reboisement autour de ce parc reste l’alternative favorable pour faire face à cette exploitation.