Kivu Nyota Presse

EXTRAIT DE LA FILLE SANS COEUR

– Je ferais tout pour te sauver Léa, je ne te laisserai pas mourir…  

– Non Jean. Tu ne peux malheureusement rien faire. Les docteurs m’ont dit que je ne pourrais pas m’en sortir. Donc je n’ai que peu de jours à vivre, rien que deux mois. Mais s’il te plaît, Jean ! Quand je mourrais, n’oublie pas une chose, n’oublie pas que je t’aime plus que tout. N’oublie pas que tu es le seul homme que je désire épouser sur terre.

– Non, Léa …. Ne le dis pas s’il te plaît ! Je sais que je suis capable de te sauver et je le ferai. Je t’en fais la promesse. Je me battrai contre la mort s’il le faut.

– Et… et si je te disais que c’est impossible.

– Si cela est impossible… alors je mourrais aussi. Je mourrais pour notre amour Léa.

– Mais Jean !

– Ne sois pas têtue… je te sauverai. C’est promis.

Léa savait que c’était impossible mais elle se contenta d’accepter.

-D’accord Jean. D’accord.

Léa souffrait d’un vrai cancer de cœur. Elle-même savait que très bientôt elle pourrait mourir. 

Quand Jean arriva chez lui. Bien que stressé, il salua sa mère veuve.

-Bonsoir maman, dit-il en passant un petit bisou sur la joue de celle-ci.

– Ah ! Mon chéri. Où étais-tu passé ? Je n’arrivais pas à te joindre par téléphone.

– Je… j’étais avec Léa.

– Comment va-t-elle ?

– Très mal

– Mes prières … vas-y raconte-moi.

Il s’assit puis soupira :

-Léa va très mal maman. Les docteurs sont tous désespérés. Elle ne pourra pas s’en sortir facilement … disons, ils disent qu’elle mourra.

  • Grand Dieu !
  • Oui maman. J’ai promis de pouvoir la sauver. Même si je sais au fond de moi que cela est très difficile. Mais je n’y peux rien maman. Tu sais que je l’aime et cela plus que tout, malgré tout…
  • Je te comprends facilement, fils. J’ai aimé ton père plus que tout mais malgré cela il est mort. Je sais combien ça fait mal de perdre les gens qu’on aime.
  • Mais maman, dis-moi, crois-tu que c’est impossible de la sauver ?
  • Non, en amour, vois-tu… tout est possible. L’amour est plus fort que tout, mon fils.
  • Je te crois maman, je te crois…
  • Tu sais … je me sentirai si heureuse de t’aider.
  • Vraiment ?
  • Oui,… mon rêve c’est de te voir heureux.
  • Je sais bien ce que tu attends de moi ?
  • C’est le rêve de toutes les mamans, tu sais !
  • Mais maman, comment pourras-tu m’aider ?
  • On pourra ensemble chercher un fond pour payer la chirurgie de Léa.
  • Mais…
  • On en parlera plus tard. Vas-y… mange d’abord.
  • D’accord.

Le jour suivant, Jean se rendit chez Léa. Elle était si désespérée, si triste et n’avait personne pour la consoler.

  • Ne t’en fais pas ma chère Léa, tout va s’arranger.
  • Ne me donne pas de faux espoirs, Jean. Je sais que je mourrai très bientôt. Il est carrément impossible de me sauver. Alors s’il te plaît, arrête de me faire des faux espoirs.
  • Je…
  • Il y a une chose que tu dois savoir Jean, devant cette terrible situation que je dois affronter, nous devons malheureusement nous séparer.
  • Mais…
  • Je t’en prie Jean, pour l’amour du ciel, comprends-moi.

Comment osait-elle lui demander une chose pareille ? Lui qui, déjà, se disait mourir avec elle s’il le fallait.