EXTRAIT DE L’OEUVRE DE SAINTE THERESE D’AVILA

L'oeuvre de Sainte Thérèse d'Avila ( Extrait)

     L’œuvre de Sainte Thérèse englobe à la fois ses écrits, ses fondations, ses fils et ses filles spirituels. A ce titre l’œuvre de Thérèse de Jésus  constitue une merveille que le Seigneur a pu réaliser en elle. L’étudier toute entière dans ce modeste travail n’est pas tâche facile. C’est pourquoi notre ambition n’est pas de scruter profondément les œuvres de la Sainte, mais d’informer  ceux qui ne la connaissent pas  pour être sensibilisés  à leur existence. Pour ce qui est de l’œuvre écrite, nous allons considérer sa place dans la littérature tout en tenant compte de la langue et de ses grandes idées. Ce qui  sera une occasion pour découvrir les talents d’écrivain de Sainte Thérèse. La connaissance de l’autre œuvre qui se trouve être la vie de ses fils et de ses filles fera l’objet d’un survol qui vient compléter le souci de sainte Thérèse  qui  est de glorifier la très Sainte Trinité par un charisme propre.

     Le zèle du charisme carmélitain  portera Sainte Thérèse d’Avila  à étendre l’idéal qu’elle s’était fixé à travers les fondations des monastères.

     L’œuvre littéraire de Sainte Thérèse d’Avila est représentative dans le temps et dans l’espace. Elle reflète la mentalité d’un peuple avec ses tendances spéciales et ses préoccupations et s’inscrit dans une époque caractérisée par des mutations et des événements qui ont marqué l’histoire du peuple espagnol. C’est pourquoi, elle possède deux caractères à un haut degré et s’aligne ainsi au rang des chefs-d’œuvre, tant dans la littérature espagnole que dans la littérature universelle, œuvre impérissable qui appartient à tous les pays, parce qu’étant l’expression des tendances communes de l’être humain.

 L’Espagne du XVIème siècle. :

            Par cette expression, nous situons Thérèse dans le temps et dans l’espace. Elle a grandi dans le terroir castillan ; elle a parlé la langue castillane, et s’est intéressée à la littérature de cette culture. Elle a baigné depuis l’enfance dans l’ambiance spirituelle de sa terre natale. On ne lui connaît pas la fréquentation des grandes études, mais d’après son témoignage, elle s’est exercée à la lecture depuis son jeune âge en imitant son père et sa mère :« Mon père aimait lire les bons livres, il en possédait en langue castillane, qu’il faisait lire à ses enfants.[1] » En dehors de la spiritualité, l’Espagne du temps de Sainte Thérèse est caractérisée par les conquêtes militaires et l’idée de l’expansion. « L’œuvre de Sainte Thérèse s’est présentée comme une vision nette des aspects extérieurs de son pays ; elle en exprime adéquatement le tempérament morale : peuple jeune vigoureux, bien entraîné à la guerre et aux aventures avec des objectifs très nets, c.à.d. avec un esprit positif et pratique[2] ». Ce point  explique l’optimisme qui caractérise le peuple espagnol et qui traverse toute l’œuvre de Sainte Thérèse. L’optimisme de Sainte Thérèse ne se limite pas seulement aux dimensions terrestres qui sont : la ténacité, l’endurance, l’énergie, mais, il est aussi et surtout un optimisme surnaturel fondé sur la confiance en Dieu et  sur la force et l’énergie atavique d’une race habituée à combattre « avec l’espoir rarement confondu de triompher ».

            Pour rappel, l’Espagne de Sainte Thérèse venait de prouver ses prouesses en fendant l’Atlantique pour réaliser des exploits dans le Nouveau Monde. C’est ce peuple qui avait déjà manifesté une détermination rare à reconquérir son territoire contre les musulmans (les maures) ; c’est toujours ce même peuple dont les armes volèrent vers les terres d’Italie pour défendre les patrimoines de la couronne impériale et vers les terres d’Allemagne pour défendre la foi catholique contre le luthéranisme naissant et en Angleterre pour sauver l’honneur du mariage (cfr. L’invincible Armada).Une légende nous explique comment en absence des hommes dans le  camp, une certaine femme du nom de Jimena déguisa les femmes en hommes pour chasser les ennemis.  A partir de cette légende nous pouvons  nous  permettre d’attribuer à Thérèse  la suppression de l’illuminisme par sa fidélité à Dieu qu’à  l’Inquisition. En bref, l’Espagne de Sainte Thérèse est caractérisée par la noblesse des chevaliers témoignant une fidélité inébranlable à leurs seigneurs.

2° Incidences de la lecture sur Sainte Thérèse.



[1] THERESE D’AVILA, Œuvres Complètes, Texte Français par Marcelle Auclair, DDB 1964, p. 14

[2] RODOLPHE HOORNAERT, Sainte Thérèse écrivain, Paris 1925, DDB, p. 25

Laisser un commentaire