Goma: célébration de la J.I.de l’arbre là où le déboisement se porte mieux

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La journée internationale de l’arbre, célebrée le 05 décembre de chaque année, n’est pas passée inaperçue cette année en ville de Goma. Tombée un certain samedi, cette journée a éte marquée par des activités de réboisement, des campagnes de sensibilisation sur les effets du déboisement, des manifestations culturelles axées sur le rôle de l’arbre,etc. Des activités jugées indispensables par certains environnementalistes, au vu du niveau de déforestation très inquiétant, que Goma et ses environs atteignent à ce jour.

Pour Esaïe MBUMBA, point focal des volontaires des nations unies en province du Nord-Kivu, que Kivu Nyota a rencontré à l’issue des activités de sensibilisations et de reboisement que son organisation a ténues à l’école du Cinquantenaire samedi 05 décembre, “Il a été question de susciter les élèves[d’abord] à avoir la culture de l’arbre, leur montrer l’importance de l’arbre dans notre environnement, à l’heure où des alertes se multiplient ça et là sur le réchauffement climatique”.
Cette activité, a-t-il ensuite indiqué, a coincidé avec la journée internationale du “volontariat”, un concept qui invite tout le monde à un esprit de sacrifice pour l’intérêt de tous. D’où, selon lui, planter des arbres s’inscrit également dans le cadre de ce concept de volontariat.

D’autres activistes environnementalistes, ont saisi cette opportunité pour présenter des statistiques sur le niveau inquietant de la déforestation que la ville de Goma a atteint et les dangers que coure celle-ci si la tendance reste la même.

Près de 20 tonnes de braises consommées chaque semaine à Goma

La ville de Goma enregistre régulièrement plus de 800 sacs de braises, soit plus de 28 tonnes de braise l’équivalent de 146 gros arbres, ce qui équivaudrait à plus ou moins 1 hectare d’arbres coupés par semaine suite à la carbonisation.

Cette révélation nous a été faite par IYAMUREMYE IBRAHIM, vice-président de l’association des Vendeurs et exploitants des ressources forestières et Agro-pastorales AVERFA/ASBL, une association regroupant les carbonifères, fournisseurs et vendeurs de la braise et autres ressources agro-pastorales en ville de Goma, en province du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo.

D’où provient la braise consommée en ville de Goma ?

Chaque jour, plusieurs camions, font l’entrée dans la ville en l’approvisionnant en braise, en provenance des territoires de Masisi, Walikale, Beni, Lubero, Rutshuru et Nyiragongo, au Nord-Kivu et les contrées d’Idjwi et Kalehe, au Sud-Kivu voisin.

IYAMUREMYE IBRAHIM, indique que ces statiques sont seulement celles qui concernent son association et n’exclut pas la thèse d’une augmentation des statistiques.

Parlant de la proportion de la population dépendant de la braise dans la ville Volcanique, celui-ci revele qu’à Goma, plus des 3 quarts de la population cuisent leurs aliments en utilisant la braise et la demande demeure croissante.
Très moins nombreux, affirme-t-il, sont ceux qui se servent du courant électrique.

Quel danger pour l’environnement ?

Selon les estimations des experts, le commerce de la braise en ville de Goma ravit à la RDC, plus de 52 hectares de son patrimoine forestier, ou 2028 hectares d’arbres détruits par an ; à travers toute la République, rien qu’en ne se référant qu’aux quelques villes du pays. Un pas vers la désertification non ?

S’il faut pousser la reflexion plus loin en se posant la question de savoir quelle surface forestière perdrait la RDC dans les 5 prochaines années, on notera que dans le même rythme, 10140 hectares seront perdus d’ici 5 ans, proportions évoquées sans tenir compte des milliers d’hectares qui se déciment, soit à la recherche des terres cultivables, soit à la recherche des bois de chauffe ou de construction, soit à la recherche des planches, pour la fabrication des meubles, la construction des charpentes et des constructions des maisons en planches.

Que faire?

Cette question, nous l’avions adressée au vice-président de L’AVERFA, après avoir reconnu que les activités de son association participent aussi à la destruction de l’environnement qu’il venait d’évoquer.

« Depuis un certain temps, nous nous sommes engagés dans la plantation des arbres dans les différents sites d’où nous tirons la braise, nous sensibilisons également nos membres, qu’à chaqu’abattage, on doit planter d’autres arbres, pour compenser les pertes. Nous avons acquis un grand champ à Kalembe dans le Masisi, pour que nous ayons un grand reboisement propre à nous, nous sommes en quête d’un autre dans le territoire de Rutshuru » a repondu IYAMUREMYE IBRAHIM.

Au-delà de cela, l’AVERFA sensibilise ses membres à abandonner progressivement l’activité de vente des braises, et embrasser d’autres secteurs tels que définis par son statut juridique couplée à une autorisation de fonctionnement, explique IYAMUREMYE IBRAHIM qui ajoute que les membres de son association sont libres d’entreprendre dans des dépôts des vivres, la vente d’huile de palme, la vente des produits agropastoraux divers et l’exercice l’élevage.

311 000 hectares des forêts Congolaises sont détruits chaque année, depuis 1990, selon les données de l’organisation mondiale pour l’alimentation FAO. D’où, une nouvelle politique de gestion forestière s’impose pour ne pas courir le risque de la désertification dans les temps les plus proches de ce pays, malgré son immense potentiel forestier.

Emmanuel BARHEBWA et John TSONGO