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Nord-Kivu/Tshopo : le projet « Climate, Health and Dignity » renforce la protection des personnes atteintes d’albinisme face au changement climatique

Dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique, l’organisation « Shujaa-Initiative », une plateforme des jeunes et enfants rescapés des guerres et des catastrophes climatiques, met en œuvre depuis début 2026 le projet «Climate, Health and Dignity» dans les provinces du Nord-Kivu et de la Tshopo, à l’Est de la République démocratique du Congo.

Ce projet met en lumière une problématique encore peu prise en compte dans les actions humanitaires : la vulnérabilité particulière des personnes atteintes d’albinisme face aux effets du changement climatique, notamment les risques sanitaires liés à l’exposition prolongée au soleil.

Selon les responsables de cette organisation, l’initiative repose sur trois piliers essentiels : l’adaptation climatique, la santé et l’inclusion sociale.

Faire des personnes atteintes d’albinisme des acteurs de la protection de l’environnement

Partant des études scientifiques selon lesquelles les personnes atteintes d’albinisme sont particulièrement exposées aux rayons ultraviolets en raison de l’absence ou de la faible quantité de mélanine dans leur peau, le projet organise des activités de reboisement communautaire avec leur participation active.

L’objectif est également de faire d’elles des actrices du changement au sein de leurs communautés, précisent les responsables de Shujaa-Initiative.

« Nous voulons que les personnes atteintes d’albinisme deviennent des ambassadeurs de la protection de l’environnement, car elles font partie des premières victimes des effets du changement climatique », explique Seth Tsongo, le coordinateur de Shujaa-Initiative.

Au-delà des activités de reboisement, le projet mène également des campagnes de sensibilisation auprès des communautés locales afin de promouvoir la protection de l’environnement, mais aussi de lutter contre la stigmatisation dont sont encore victimes les personnes atteintes d’albinisme et briser tous les stéréotypes liés à ce phénomène.

La prévention du cancer de la peau au centre des interventions

La question sanitaire constitue également un axe majeur du projet. L’organisation indique organiser régulièrement des consultations médicales et des séances de dépistage du cancer de la peau, considéré comme l’une des principales causes de mortalité précoce chez les personnes atteintes d’albinisme.

« Nous facilitons des consultations médicales régulières afin de prévenir la maladie ou d’assurer une prise en charge précoce des cas détectés », précise un responsable du projet.

Dans le même cadre, des lunettes de protection sont également distribuées aux bénéficiaires afin de limiter les effets néfastes de l’ensoleillement intense sur leur vue.

Le manque de financement, principal obstacle

Malgré les résultats encourageants déjà observés sur le terrain, Shujaa-Initiative fait face à d’importants défis, notamment le manque de financement.

L’organisation affirme que l’insuffisance des moyens limite l’élargissement des activités et le nombre de bénéficiaires pouvant être pris en charge. Elle lance ainsi un appel aux partenaires et aux organisations internationales pour soutenir son initiative.

Autre difficulté évoquée : la réticence de certaines personnes atteintes d’albinisme à participer aux activités, conséquence des discriminations dont elles sont souvent victimes.
Pour y remédier, l’organisation envisage d’intégrer, lorsque les moyens le permettront, un accompagnement psychologique des bénéficiaires afin de renforcer leur confiance et leur participation.

Un plaidoyer pour une meilleure protection juridique

Parmi les perspectives, Shujaa-Initiative prévoit renforcer son plaidoyer pour faire voter une loi spécifique pour la protection des personnes atteintes d’albinisme en RDC.

L’organisation estime notamment que classer les personnes atteintes d’albinisme dans la catégorie des personnes vivant avec handicap mérite d’être repensée.

« Toutes les personnes atteintes d’albinisme ne sont pas forcément en situation de handicap. Cette classification peut parfois renforcer la stigmatisation et leur frustration », estime le coordinateur.

Enfin, l’organisation encourage une plus grande implication des personnes atteintes d’albinisme dans la vie publique et politique afin de favoriser leur représentation dans les instances de décision.

La Rédaction

UNIGOM : le doctorant Jean Lebon Kambale Nzengera explique comment les arbres protègent la santé

À l’heure où l’humanité fait face à de graves perturbations climatiques, à la pollution croissante de l’air et à l’augmentation des maladies liées à l’environnement, la question du rôle de l’arbre dans la survie humaine attire de plus en plus l’attention des scientifiques. Longtemps considéré comme un simple élément du décor naturel, l’arbre apparaît aujourd’hui comme un véritable allié dans la lutte contre plusieurs menaces qui pèsent sur la santé publique.

C’est dans cette perspective scientifique que le MPH(Master en Santé Publique) Jean Lebon Kambale Nzengera, a animé une conférence académique mercredi 25 mars 2026 à l’Université de Goma, devant les étudiants de l’école de santé publique et de la faculté des sciences agronomiques , à l’occasion de la Journée internationale de la forêt célébrée le 21 mars de chaque année.

Centrée sur le thème « la Relation de l’arbre et la santé publique », son intervention a mis en évidence le rôle souvent méconnu des arbres dans la prévention des maladies et la promotion du bien-être humain, insistant sur l’importance d’intégrer la protection de l’environnement dans les stratégies de santé publique.

Les arbres, premiers protecteurs de la qualité de l’air

Dans son exposé, Jean Lebon Kambale a expliqué que les arbres constituent des filtres naturels contre la pollution atmosphérique. Selon lui, ils absorbent le dioxyde de carbone (CO₂), captent les particules fines et réduisent la présence de plusieurs gaz toxiques dans l’air.
L’impact sanitaire de cette fonction, a-t-il souligné, c’est la réduction des maladies respiratoires telles que l’asthme, les bronchites et certaines allergies.

Pour illustrer ses propos, il a évoqué des études menées dans des villes comme New York, où les zones les plus arborées enregistrent moins de cas d’hospitalisation liés à l’asthme, particulièrement chez les enfants.

Remède contre le stress

Le conférencier a également insisté sur les bienfaits psychologiques des arbres et des espaces verts. Il a expliqué que la proximité avec la nature contribue à réduire le stress, améliore la santé mentale et favorise une meilleure récupération chez les patients malades.

Selon lui, plusieurs recherches ont démontré que les malades hospitalisés dans un environnement verdoyant guérissent plus rapidement que ceux vivant dans des milieux dépourvus d’espaces verts.

Il a ainsi encouragé les futurs professionnels de santé à considérer l’environnement comme un facteur incontournable de la santé mentale.

Un rôle essentiel dans la lutte contre la chaleur

Abordant les défis climatiques actuels, l’orateur a expliqué que les arbres contribuent à réduire la chaleur dans les villes grâce à l’ombre qu’ils procurent, évoquant « l’effet îlot de fraîcheur ». .

Il a cité l’exemple de certaines villes européennes où la plantation d’arbres a permis de diminuer sensiblement la température pendant les périodes de canicule, protégeant ainsi les populations les plus vulnérables, dont les personnes âgées, contre les coups de chaleur et les complications cardiovasculaires.

Le MPH Kambale Nzengera a également démontré que les espaces verts favorisent l’activité physique en offrant des environnements propices à la marche, au sport et aux loisirs.

Cette réalité, a-t-il indiqué, contribue à prévenir plusieurs maladies non transmissibles comme l’obésité, le diabète de type 2 et l’hypertension artérielle.

Il a, à ce sujet, encouragé les urbanistes et les autorités publiques à intégrer davantage d’espaces verts dans les plans d’aménagement urbain.

Les arbres, facteurs de cohésion sociale

Au cours de sa présentation, il a aussi évoqué la dimension sociale des espaces verts. Selon lui, les parcs et les zones arborées constituent des lieux favorisant les échanges sociaux, renforçant la cohésion communautaire et contribuant indirectement à la réduction de la criminalité.

Pour lui, investir dans les arbres revient aussi à investir dans la stabilité sociale et le bien-être collectif.

Des vertus médicinales à valoriser

Enfin, le spécialiste en santé publique a rappelé que certains arbres possèdent des propriétés thérapeutiques importantes. Il a notamment cité le moringa, reconnu pour ses qualités nutritionnelles et son rôle dans la lutte contre la malnutrition, ainsi que certaines plantes médicinales utilisées dans le traitement des maladies digestives, à l’instar de Vernonia qui soigne l’amibiase.

Il a, de ce fait, encouragé les étudiants à promouvoir la recherche scientifique sur les plantes médicinales locales afin de valoriser les solutions naturelles existantes.

Concluant sa présentation, Jean-Lebon Kambale Nzengera a invité les étudiants à considérer l’arbre comme un véritable outil de prévention sanitaire.

« On peut dire que chaque arbre en ville est une petite « pharmacie verte » pour la communauté » a-t-il conclu.

Emmanuel Barhebwa