Journée mondiale du diabète : « Ma vie a changé depuis mon diagnostic il y a 7 ans »

Il y a sept ans, Monsieur Jean-de-Dieu Lunyere Chiza, ancien enseignant et préfet des études dans plusieurs écoles de Goma, a reçu un diagnostic qui a bouleversé sa vie : le diabète. Ce vendredi 14 novembre 2025, à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, il partage son expérience et explique comment cette maladie chronique a transformé son quotidien.

« J’avais 43 ans à l’époque », se souvient-il. «Je faisais toutes mes activités normalement et n’avais jamais pensé que j’aurais le diabète un jour. J’enseignais et me comportais comme tout le monde, tant en milieu professionnel qu’en famille. Je n’avais jamais été soumis à un quelconque régime alimentaire».

Mais les symptômes se sont accumulés : fatigue, envie fréquente d’uriner, soif et faim constantes… « Le corps commençait à s’affaiblir », explique-t-il. «Lorsque j’ai expliqué tout cela au médecin, il m’a prescrit des examens de diabète et le résultat est sorti positif »

Jean-de-Dieu Lunyere Chiza a été diagnostiqué souffrant de diabète de type 2, un type de diabète « non-héréditaire » qui peut être occasionné par plusieurs facteurs, notamment l’alimentation, le manque d’exercice physique, et bien d’autres.
Pour réguler le taux de glycémie dans son organisme et rester en bonne santé, il a reçu deux ordonnances principales : le respect du régime alimentaire et la prise des médicaments des diabétiques, dont l’insuline.

« Au début, c’était compliqué pour moi d’adopter ce nouveau style de vie », avoue-t-il. « Mais j’ai compris que ma bonne santé en dépendait. À chaque fois que je ne respecte pas le régime ou que je ne prends pas mes médicaments, des complications s’en suivent et ma santé se détériore subitement».

Aujourd’hui, Jean-de-Dieu Lunyere Chiza est un exemple de résilience et de détermination.
Il partage son expérience pour sensibiliser les autres à la prévention et à la gestion du diabète. « Aux non-diabétiques, je recommande de manger bio, de consommer régulièrement les aliments qui proviennent de nos champs, notamment les légumes et les fruits, de faire du sport et de prendre beaucoup d’eau », conseille-t-il.

À ses collègues diabétiques, il adresse un message d’espoir : « Respectons le régime et prenons régulièrement les médicaments. Il n’y a pas d’autre solution que ça. »

L’ADIC, Secour incontournable des diabétiques

La Journée mondiale du diabète est l’occasion de sensibiliser la population à cette maladie chronique qui touche des millions de personnes dans le monde.

En ville de Goma, l’Association des Diabétiques de Congo (ADIC) a organisé une séance d’échanges avec les diabétiques ce vendredi autour du régime alimentaire et des médicaments qu’ils sont censés prendre toute leur vie.
Une séance de dépistage gratuit a également été organisée, ainsi qu’un contrôle de l’évolution du taux de glycémie chez les diabétiques.

Cependant, l’ADIC fait face à des défis importants, notamment la pauvreté de beaucoup de patients qui n’arrivent pas à respecter les restrictions relatives aux types d’aliments à consommer et à éviter, indique son manager .

Monsieur Alfred Kakisingi note également que « Malgré le souhait de l’ADIC de donner gratuitement les médicaments des diabétiques aux patients, elle éprouve encore des difficultés à le faire jusqu’à ce jour pour des raisons essentiellement économiques ».

Emmanuel Barhebwa

Conférence internationale de Goma: La jeunesse fait le serment de « s’autoprendre en charge et de ne plus attendre de l’aide extérieure »

S’autoprendre en charge et participer à la construction de la paix et le développement dans leur région, c’est parmi les engagements phares pris par les jeunes de Goma à l’issue d’une conférence de deux jours organisée à leur intention par la Dynamique des Congolais Engagés pour le Développement (DCED) du mardi 11 à ce mercredi 12 novembre 2025.

Venus des différents quartiers de Goma, ces jeunes ont suivi plusieurs panels axés sur des thématiques traitant de leur situation actuelle telles que l’entrepreneuriat, le vivre ensemble, l’engagement des jeunes dans la résolution des conflits, etc. animés par éminents professeurs d’université et d’autres panelistes venus de plusieurs coins du monde.

C’est après les travaux en groupe que ces derniers se sont exprimés dans une déclaration publique, prenant l’engagement de ne plus attendre de l’aide extérieure mais de se focaliser sur les atouts qu’ils ont pour développer leur ville.

«Nous avons compris que cette idéologie d’attendre toujours des financements provenant de l’extérieur peut à la longue être un danger dans notre communauté dans le sens qu’elle peut affaiblir la créativité et l’esprit d’initiative, voilà pourquoi nous avons pris cet engagement de relever les défis, de compter sur nos propres efforts pour développer notre ville…» a expliqué un des jeunes signataires de cette déclaration.

Ces jeunes ont par ailleurs exhorté les autorités locales à leur faciliter la tâche dans leurs initiatives entrepreneuriales en baissant les coûts des taxes.

Pour Madame Sandra Nkulu, coordinatrice de la DCED, l’objectif de son organisation en initiant cette conférence a été atteint.
Selon elle, sa structure vise à mobiliser les jeunes pour qu’ils deviennent des acteurs du changement dans leur communauté.
«Nous voulons faire du citoyen congolais, le moteur de la transformation sociale, et nous avons jugé mieux de commencer par la jeunesse de cette région. Le Nord-Kivu ne doit plus être connu pour ses souffrances. Et c’est la jeunesse qui va transformer cette souffrance en un point de départ pour le développement » a-t-elle insisté.

Celle-ci a aussi rappelé que la DCED n’a rien d’un mouvement politique. Il s’agit d’après elle, d’une plateforme citoyenne ouverte à tous les congolais désireux de contribuer à l’édifice nationale.

Après Goma, des activités similaires sont prévues dans d’autres villes du pays, ont indiqué les responsables de la Dynamique des Congolais Engagés pour le Développement (DCED).

Emmanuel Barhebwa

Culture : L’artiste Patrick Basham lance «Furaha yangu », un titre qui interpelle sur le vivre ensemble

Après la sortie il y a quelques jours de «Que tous soient un», poésie-chantée en hommage au feu Mgr Faustin Ngabu, évêque émérite de Goma et l’accueil chaleureux lui réservé par le public de Goma et d’ailleurs; l’écrivain congolais, auteur-compositeur-interprète Patrick Basham a lancé ce mardi 04 novembre le titre « Furaha Yangu », un chant qui rappelle la nécessité de mettre fin aux conflits et de cultiver le vivre ensemble pour construire un monde juste et harmonieux.

D’après les premiers mots de l’auteur de «Furaha Yangu», en le lançant ce titre, il annonce l’arrivée de plusieurs autres titres au cours de ce mois de novembre, qui s’inscrivent dans le cadre de l’éveil de conscience de la communauté afin de « bannir plusieurs anti valeurs qui gangrenent actuellement notre société et qui ont tendance à prendre le dessus par rapport aux valeurs morales et chrétiennes ».

Ce n’est pas parce que tout le monde fait le mal, estime-t-il, que celui-ci pourrait prendre la place du bien.
Patrick Basham inscrit donc sa démarche dans la logique de ceux qui pensent que « le bien restera toujours le bien et le mal restera toujours mal» et que « peu importe le temps que cela peut prendre, le bien l’emporte toujours sur le mal».
D’où la nécessité, selon lui, de continuer à prêcher la culture du bien, la culture de la paix, de la justice et du vivre-ensemble.

À travers «Furaha yangu» Patrick Basham prêche ainsi le triomphe du bien sur le mal et enseigne qu’il est encore possible, malgré l’ampleur qu’ a pris le mal actuellement, de construire un monde où règne l’amour, la justice, la tolérance et l’acceptation mutuelles.

« Le monde devient de plus en plus perverti : les gens s’entretuent, se trahissent, complotent les uns contre les autres. Certains sèment la haine et la division pour leurs propres intérêts.
Levons-nous ensemble pour dire non à la haine et au tribalisme, car nous formons tous un seul peuple aux yeux de Dieu»
déclare-t-il.

Et de poursuivre : «Vivons ensemble dans la joie, rions ensemble quand il le faut, et inspirons le bonheur à ceux qui nous entourent».

Convaincu que l’art est à ce jour un outil incontournable pour toucher les cœurs de gens et éveiller leur conscience, Patrick Basham attend que son œuvre soit largement consommé par le public pour atteindre son objectif.

«Furaha Yangu» est disponible sur la plateforme Youtube en cliquant ici

Emmanuel Barhebwa

Goma: Une histoire de drogue vire au drame au quartier Mabanga

C’est l’une des actualités qui ont défrayé la chronique mardi 04 novembre 2025 à Goma, plongeant dans l’angoisse et le regret ceux qui l’ont appris.
Dans le quartier Mabanga Nord en commune de Karisimbi lundi soir, un jeune d’une vingtaine d’années a ôté la vie à son père biologique, peu de temps après avoir abandonné mourante sa propre grand-mère qu’il aurait aussi frappé à mort.

Nos sources renseignent que c’est après avoir consommé une forte dose de drogue que le jeune homme a commis ce forfait.

« Il résidait chez la grand-mère depuis un temps. Papa l’avait chassé de la maison pour le redresser, puisque son comportement était devenu insupportable. C’est depuis lors qu’Il s’est réfugié chez notre grand-mère…» indique sous le choc un membre de famille joint par KivuNyota.

D’après les investigations, il est arrivé au domicile familial après avoir laissé mourante sa grand-mère avec qui il résidait, pas très loin du domicile familial.

«Il paraît qu’il l’a frappée avec un chevron à la tête avant de la laisser mourante au lit, et de la couvrir d’un drap. Je crois qu’il voulait faire croire qu’elle est morte d’une mort normale» raconte notre source.

Et une fois à la résidence familiale, poursuit la même source, il a rencontré le père qui était seul à la maison en ce moment-là et s’en est pris violement à lui.

« Il paraît qu’il lui a exigé sa part d’héritage, avant de le frapper à coup de machette au niveau du cou. Ce sont les cris poussés par papa qui ont alerté les voisins. Malheureusement il sont arrivés quand ce dernier avait déjà perdu beaucoup de sang et avait déjà rendu l’âme » regrette notre source sous les larmes, estimant que son frère doit avoir été possédé pour commettre un tel crime vis-à-vis de « son propre père, une année seulement après le décès de sa maman ».

Le jeune homme a été ensuite appréhendé par les voisins avant d’être remis aux services de sécurité. Pendant ce temps, la famille a décidé d’organiser le deuil au domicile de la grand-mère situé dans le quartier Mabanga Nord non loin de l’école Maman Sophie.

Dans la foulée, ce double meurtre lié à la consommation excessive de la drogue relance le débat sur l’efficacité de la lutte contre la toxicomanie dans la région, ce phénomène qui s’installe davantage en milieu juvénile.

Malgré les differentes alertes des professionnels de santé sur la montée des cas des troubles mentaux et autres conséquences liés à la toxicomanie, le trafic illicite des substances psychoactives telles que la chanvre, la cocaïne, des amphétamines, les boissons fortement alcoolisées, etc. se poursuit en ville de Goma et dans plusieurs régions de la RDC, exposant davantage la société à des graves conséquences.

Quelques études psychologiques consultées par votre rédaction attestent que les personnes souffrant de troubles liés à la drogue ont un risque 4 à 10 fois plus élevé de commettre des actes de violence que la population générale.
Les mêmes sources indiquent que ces substances psychoactives altèrent des régions du cerveau liées au contrôle des impulsions, à la prise de décision, à la régulation émotionnelle, ce qui peut diminuer la capacité à inhiber les actes agressifs.

Il y a donc lieu de prendre des précautions pour prévenir d’autres cas similaires à ce qui s’est passé à Mabanga.

Emmanuel Barhebwa

Goma: Semeur de foi et d’espérance, Mgr Faustin Ngabu repose désormais au sanctuaire d’adoration

Décédé le dimanche 26 octobre 2025, Mgr Faustin Ngabu, évêque émérite de Goma, a été déposé à sa dernière demeure ce samedi 1er novembre 2025, au terme d’une messe solennelle et de recueillement célébrée au sanctuaire d’adoration de Goma.

Une foule émue, composée de sa famille biologique, de ses anciens fidèles laïcs, de prêtres, religieux et religieuses, ainsi que de ses collègues évêques de la région; a été présente sur place pour faire ses adieux à celui que d’aucuns considèrent comme le bâtisseur de la Foi, le Pasteur infatigable et artisan de Paix dans cette partie de la RDC. Aux côtés de ses proches, les autorités politico-administratives locales se sont également jointes à cette prière.

Des hommages à la hauteur du rang de l’illustre disparu

Le cercueil de Mgr Faustin Ngabu, placé devant l’autel, était accompagné d’une bougie pascale à sa droite et d’un Évangéliaire au-dessus, symbolisant la lumière reçue lors de son baptême et la parole de Dieu qu’il a proclamée durant toute sa vie. La liturgie de la messe en ce jour était toute particulière, rendant hommage à une personnalité hors du commun.

Au total huit évêques ont pris part à cette messe de requiem présidée par Mgr François Xavier Maroy, archevêque métropolitain de Bukavu, et concélébrée par une centaine des prêtres de Goma et d’ailleurs.

C’est la Biographie du feu Mgr Ngabu qui a ouvert la messe.
Présentée pendant une vingtaine de minutes par l’abbé Célestin Kanyambiriri, celle-ci a essentiellement résumé les 51 ans de vie épiscopale de « l’ancien recteur du grand séminaire de Muresa devenu évêque à l’âge de 39 ans ».
Son ministère épiscopal a été marqué, a indiqué le présentateur de la Biographie, d’un côté par un engagement exceptionnel « dans l’annonce de l’Évangile » et de l’autre côté « par la lutte contre la pauvreté et les conflits interethniques qui ont secoué sa région ».

Son engagement en faveur de toutes ces causes, a mentionné l’abbé Kanyambiriri, et ses prises de position parfois catégoriques lui ont créé des inimitiés et des incompréhensions dans la région poussant certains à s’en prendre à lui, jusqu’à attenter plusieurs fois à sa vie.

«Le Bilan de Mgr Ngabu est énorme», souligne-t-il. « Il faudra tout un livre pour en parler ».
Pour l’abbé Célestin, Mgr Faustin Ngabu restera une inspiration pour toutes les générations dans cette région, un modèle de courage et de persévérance dans la mission d’évangélisation, un promoteur des vocations et de développement.

« Il a ordonné près de 112 prêtres, créé 11 paroisses, 15 hôpitaux et une quarantaine d’autres structures médicales, la caritas diocésaine, un réseau de plus au moins 661 écoles catholiques, pour ne citer que cela » -t-il révélé, avant de faire ses adieux à celui qu’il considère comme « un pasteur infatigable, un baobab et un artisan de Paix ».

Une vie pastorale qui a laissé des traces

Dans la suite de la messe, plusieurs autres témoignages ont été au rendez-vous avant qu’intervienne l’importante étape des absoutes suivie de l’inhumation du corps du feu Mgr Ngabu à l’intérieur du sanctuaire d’adoration de Goma.

De l’allocution des chrétiens de Goma, celle de la famille biologique, en passant par celles de l’ACEAC(Association des Conférences Episcoles d’Afrique Centrale), l’ASSEPB(Assemblée Épiscopale de la Province Ecclésiastique de Bukavu), la CENCO(Conférence Épiscopal Nationale du Congo), de Mgr Théophile Kaboy, évêque émerite de Goma; jusqu’à celle de Mgr Willy Ngumbi, évêque de Goma, tous les intervenants ont salué la mémoire d’un Pasteur courageux et dévoué à sa mission jusqu’au bout.

Son engagement pour l’unité des communautés, son souci pour le développement social et économique de sa région, son combat pour l’autoprise en charge de l’Église locale, sont revenus dans la quasi-totalité des allocutions et sont perçus comme des graines qu’il a semées, qui doivent impérativement pousser du jour au lendemain pour honorer véritablement sa mémoire.

Un nouveau chapitre s’ouvre

Le disparition de Mgr Faustin Ngabu ouvre désormais un nouveau chapitre en diocèse de Goma, a reconnu son actuel évêque lors de sa prise de parole durant cette messe de requiem.
«Nous avons toujours été à trois mais aujourd’hui, nous ne restons qu’à deux» a lâché tout ému Mgr Willy Ngumbi.

Le diocèse de Goma était en effet compté jusqu’ici, parmi les rares entités ecclésiastiques du pays, voire du continent Africain à détenir deux évêques émérites en vie et un évêque titulaire en exercice.

L’évêque de Goma, qui regrette d’avoir perdu celui qu’il considérait comme son conseiller et son propre père (pour l’avoir « confirmé, ordonné prêtre, et ordonné évêque »), ne comptera désormais que sur Monseigneur Théophile Kaboy, son prédécesseur au siège épiscopal de Goma, pour des éventuels conseils liés à l’expérience; afin de pérenniser le grand travail entamé par leurs deux prédécesseurs au siège épiscopal.

Né à Lokwa en 1935, et ordonné prêtre en 1963, Mgr Faustin Ngabu, successeur du feu Mgr Joseph Busimba à la tête du diocèse de Goma, a dirigé ce diocèse de 1974 à 2010, avant de céder son fauteuil à Mgr Théophile Kaboy.
Celui-ci le ceda à son tour depuis 2019 à Mgr Willy Ngumbi qui y siège jusqu’à nos jours.

Emmanuel Barhebwa

RDC: Découvrons Célestin Mugarukira, ce jeune Ingénieur Agronome devenu Conducteur d’engins lourds

Passionné de l’agriculture et de son développement dans l’Est de la RDC où il est né et grandi, Célestin Mugarukira, jeune Ingénieur Agronome congolais a été certifié fin Mai 2025 « Opérateur d’Excavateur (Pelle hydraulique) par WESTERN HEAVY MACHINERY MANAGMENT AND TRAINING CENTER, une extension du centre de formation Sud-Africain à Kampala (Ouganda)

Ceci le classe désormais parmi les rares jeunes congolais à détenir une telle compétence en 2025, et rend davantage intéressant son parcours marqué, d’un côté par un désir profond d’apprendre au quotidien, et de l’autre côté par des obstacles franchis du jour au lendemain.

Qui est Célestin Mugarukira?

Fils aîné de Monsieur Ernest Mugarukira et de Madame Sylvie Nyandwi, Célestin est né à Rushaki dans le groupement de Busanza dans le territoire de Rutshuru en Province du Nord-Kivu dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

Parcours scolaire

Formé à l’école primaire 2 Rugarama où il obtient son certificat de fin d’études primaires en 2011, Célestin découvre, tout jeune, sa passion pour l’agriculture et s’inscrit à l’Institut Technique Agricole et Sociale de Busanza (ITAS/Busanza).
Il y obtient en 2017 son diplôme d’État en techniques agricoles, option vétérinaire, après un brillant parcours scolaire. Celui-ci est marqué par la curiosité d’apprendre et les essais de la mise en place des nouvelles techniques et variétés des cultures dans son entité pour accroître la production locale.

Après les humanités, le jeune diplômé est très préoccupé par la faible rentabilité des activités agricoles dans son entité. Il trouve cela anormal et surtout contradictoire à ce qu’il a appris à l’école au sujet de la contribution de l’agriculture dans le développement de nombreux pays à travers le monde.

Choqué par ce constat et déterminé à relever les défis du secteur agricole dans son entité, Célestin décide de poursuivre ses études universitaires en Sciences Agronomiques. Il veut compléter la formation reçue au secondaire et mûrir ses réflexions sur la relance de nombreuses cultures pratiquées dans le territoire de Rutshuru.

Parcours universitaire marqué par la recherche et la pratique

En 2017, en accord avec ses parents, Célestin s’installe en ville de Goma pour ses études universitaires.

Inscrit dans la faculté des « Sciences Agronomiques et Environnement » au sein de l’Université de Goma (UNIGOM), l’étudiant Mugarukira brille par son assiduité aux cours et surtout par sa curiosité légendaire de vouloir marier la théorie apprise à la faculté, à la pratique sur le terrain.

En 2022 le jeune étudiant expérimente la culture des tomates dans la parcelle où il habite au quartier Kyeshero dans la partie Sud-Ouest de la ville de Goma et l’expérience connaît une réussite incroyable. Au bout de quelques mois, celui-ci récolte plusieurs bassins de tomates. Une partie de la récolte est consommée en famille et l’autre est soit vendue, soit donnée aux proches.

Cette expérience inspire Célestin et ses camarades qui lui emboîtent les pas, à répandre la même culture dans plusieurs autres parcelles de la ville de Goma, en accord avec leurs propriétaires.

C’est le succès de ces pratiques et leur appréciation par de nombreux consommateurs, qui vont pousser Célestin Mugarukira et ses conseillers à réfléchir sur la création d’une structure locale spécialisée dans la promotion de l’agriculture urbaine et périurbaine.

SHIKA JEMBE SARL

En 2023, voit le jour l’entreprise «Shika Jembe SARL »( concept tiré de la langue swahili) qui veut dire « Prends la Houe » prenant le sens d’encourager la « Bravoure des agriculteurs ».

Célestin Mugarukira, alors étudiant finaliste, y est nommé Directeur Technique.

Au départ l’entreprise se fixe pour objectif de développer l’agriculture urbaine et périurbaine (à l’intérieur et autour de la ville) afin de diminuer la dépendance de la ville vis-à-vis des milieux ruraux et l’importation de certains produits agricoles en provenance des pays voisins.

En dépit de plusieurs difficultés, les premiers pas de Shika Jembe connaissent des bons résultats à travers la matérialisation du premier projet sur la production maraîchère de la tomate de première génération, la carotte, l’aubergine, la pastèque et l’amarante sur son site de permaculture au quartier LAC VERT à l’ouest de la ville de Goma.

Son deuxième projet sur le poivron connaît malheureusement des difficultés suite aux défis climatique et financier d’une part et de l’autre côté de l’indisponibilité de l’équipe technique, la plus part coincés par les études.

Après la soutenance de son mémoire fin Mars 2023, portant sur « Effet de l’engrais minéral NPK 17-17-17, l’engrais organique ( fiente de poules) et de leur combinaison sur le rendement de la variété de tomate BAWITO F1 à Goma », Célestin Mugarukira est un peu dégagé.

Le nouvel Ingénieur et ses collègues accélèrent les démarches pour formaliser leur organisation et finissent par obtenir fin 2023, tous les documents administratifs.

Peu de temps après, Shika Jembe SARL gagne la confiance des organisations tant locales que nationales du domaine agricole, jusqu’à décrocher en août 2024 la participation à un sommet international (le forum international des jeunes Agripreneurs) à Arusha en Tanzanie.

À ce jour, malgré les défis de la guerre et de l’instabilité politique dans la région du Nord-Kivu où elle mène ses activités, l’entreprise « Shika Jembe» demeure parmi les rares structures actives dans le secteur agricole cultivant, saison après saison, des nombreuses cultures vivrières et maraîchères.
Déterminée à étendre ses services dans ce secteur, cette structure s’annonce déjà dans la transformation de certains produits agricoles en faveur des communautés locales.

Conduite d’engins lourds

Début 2025, la situation sécuritaire se détériore davantage en province du Nord-Kivu dans l’Est de la RDC.

C’est en ce moment précis que l’ingénieur Célestin Mugarukira prend la direction de l’Ouganda. Son désir de se former et sa curiosité l’amènent cette fois-ci dans l’apprentissage du fonctionnement et de la conduite d’engins lourds(tracteurs, machines à pelles,…).

L’Ingénieur Célestin Mugarukira justifie ce choix, d’un côté par le souci de révolutionner le secteur agricole en RDC, et de l’autre côté par le souci de palier à la carence d’opérateurs congolais dans ce secteur. «Chaque fois que je voyais ces engins dans notre pays, j’étais toujours choqué de constater que les conducteurs étaient des étrangers » indique-t-il.
« C’est cela qui m’avait révolté et motivé à me faire former dans ce secteur ».

Convaincu que le Congo ne peut se construire que par ses propres fils, Célestin estime qu’à travers sa nouvelle casquette il peut motiver d’autres congolais à lui emboîter les pas et à s’investir dans le développement de l’agriculture et la révolution technologique de la Nation.

Le plus grand rêve de Célestin Mugarukira, assure-t-il, c’est de voir la RDC devenir une puissance agricole au niveau du continent africain voire dans le monde. « Pour y arriver, le pays devra absolument passer par la modernisation de l’agriculture. Et Ce sera pour nous une fierté de faire parti des pionniers de cette révolution agricole…» espère l’Ingénieur Célestin Mugarukira.

Concluant, celui-ci exhorte d’autres jeunes congolais à « rester accrochés à leurs rêves » et « à ne jamais baisser les bras ».

Emmanuel Barhebwa