Goma : le doctorant Kambale Nzengera Jean Lebon éclaire les étudiants de l’UNIGOM sur le rôle stratégique des laboratoires en santé publique

Dans le cadre de la Journée internationale des Laboratoires, le doctorant Kambale Nzengera Jean Lebon, MPH en santé publique, a captivé les étudiants de l’École de Santé Publique de l’Université de Goma, vendredi 07 mai 2026, en exposant sur le rôle crucial des laboratoires de santé publique dans la protection des populations.

Deuxième intervenant au cours de cette conférence qui a réuni quatre panélistes, Jean Lebon Kambale Nzengera a mis en lumière les fonctions essentielles des laboratoires de santé publique, notamment dans la prévention, le diagnostic et le contrôle des maladies.

Kambale Nzengera a souligné que les laboratoires constituent un pilier du système de santé, en particulier dans les pays en développement comme la République démocratique du Congo. Il a expliqué comment ces structures permettent de diagnostiquer des maladies telles que le paludisme, la tuberculose ou encore Ebola, grâce à des analyses biologiques précises.

Selon lui, le laboratoire de santé publique réalise des examens biologiques et environnementaux destinés à : surveiller l’état de santé des populations ; identifier les agents pathogènes ; orienter les politiques sanitaires ; soutenir les interventions de santé publique.

Le doctorant a également insisté sur les différents types de laboratoires, notamment les laboratoires cliniques, de référence, environnementaux et de recherche.

« Ces laboratoires ne se contentent pas d’examens cliniques ; ils orientent aussi les politiques sanitaires, surveillent les épidémies, alertent les autorités sanitaires, et assurent la qualité de l’eau et des aliments », a-t-il indiqué.

Enfin, il a abordé les défis auxquels font face les laboratoires en Afrique, entre autres le manque d’équipements, les coupures d’électricité, l’insuffisance du personnel qualifié, un faible financement, la difficulté de transport des échantillons, etc.

Il a conclu en appelant au renforcement des infrastructures, à l’amélioration de la qualité des analyses, la formation continue, la digitalisation des données, l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement, la coopération internationale, etc. car selon lui, « ces laboratoires sont indispensables pour améliorer la qualité des soins et la sécurité sanitaire des populations ».

Les participants témoignent

Ayant suivi attentivement l’exposé du doctorant, plusieurs étudiants ont salué la richesse des enseignements reçus qui, selon eux, les préparent à affronter les défis qui les attendent dans le milieu professionnel.

L’étudiant Ushindi Mugasa Volonté, qui aspire à devenir épidémiologiste, se dit particulièrement touché par cette thématique.

« Pour nous qui espérons devenir, dans les jours à venir, des experts en épidémiologie, nous avons compris que le laboratoire est indispensable pour suivre l’évolution des épidémies et pour contrôler la qualité de l’eau et des aliments. D’où notre engagement à nous familiariser davantage avec les laboratoires et à approfondir nos recherches afin d’apporter des solutions aux différents problèmes de santé publique dans notre communauté », a-t-il déclaré.

De son côté, Esther Sebakobora souhaite que ce genre de conférences se multiplie dans leur parcours académique, estimant qu’elles abordent des questions très pratiques du milieu professionnel, qui sont moins approfondies dans les auditoires.

« Auparavant, je pensais que les laboratoires jouaient uniquement le rôle d’examiner les patients lorsqu’ils viennent se faire consulter à l’hôpital. Mais grâce à cette conférence, j’ai appris qu’au-delà de cette fonction clinique, les laboratoires jouent un grand rôle dans le système de santé publique, surtout en épidémiologie », a-t-elle témoigné.

Alors que l’Université de Goma se prépare à ouvrir son propre laboratoire de santé publique, ces enseignements constituent un socle solide pour préparer les étudiants à évoluer dans un environnement scientifique de pointe.

Cette conférence a également connu la participation de plusieurs autres laboratoires, des médecins et d’autres scientifiques renforçant ainsi le réseau scientifique et inspirant les étudiants pour leurs futures carrières.

Emmanuel Barhebwa

Journée mondiale des infirmiers : Poteau Kambale dénonce l’écart entre budgets de guerre et soutien aux soignants

Dans une tribune parvenue à la rédaction de KivuNyota ce mardi 12 mai 2026, Kambale Katsuva Poteau, technicien anesthésiste-réanimateur en République démocratique du Congo, chercheur en pratiques innovantes d’anesthésie-réanimation appliquées en milieu rural et doctorant à Rudolph Kwanue University du Liberia, interpelle la communauté internationale sur le paradoxe entre les budgets alloués à la guerre et ceux destinés à la santé des populations.

Dans cette tribune intitulée « Journée mondiale des infirmiers: Entre la science qui détruit et les mains qui sauvent » à lire en intégralité ici, Poteau Kambale formule également un plaidoyer en faveur d’un accompagnement scientifique, technique et matériel pour ses travaux de recherche, axés sur la réduction de la mortalité pédiatrique en chirurgie dans les zones à ressources limitées. Ici l’intégralité de son message.

Journée mondiale des infirmiers: Entre la science qui détruit et les mains qui sauvent

À l’occasion de la Journée mondiale des infirmiers, il est important de dépasser les simples discours de circonstance pour regarder avec lucidité la réalité que vivent des millions de professionnels de santé à travers le monde.

Pendant qu’une partie de l’humanité investit des milliards dans le perfectionnement des technologies capables de détruire la vie, une autre lutte silencieusement avec des moyens dérisoires pour la préserver. Cette contradiction interpelle notre conscience collective et pose une question fondamentale : avançons-nous réellement vers le progrès si la capacité de détruire évolue plus vite que celle de soigner ?

La réalité des infirmiers en RDC

En République Démocratique du Congo, particulièrement dans les zones de guerre, de pauvreté et d’instabilité sanitaire, l’infirmier devient souvent le dernier rempart entre la vie et la mort.

Il improvise, il adapte, il invente. Là où certains disposent d’équipements ultra-modernes, lui cherche comment oxygéner un enfant sans matériel adéquat, calmer une douleur sans médicaments suffisants ou maintenir un blessé en vie malgré l’absence d’électricité, de monitoring ou d’oxygène.

Les infirmiers et anesthésistes travaillant dans les zones à ressources limitées exercent dans des conditions extrêmement difficiles : manque d’équipements, faible rémunération, surcharge de travail, insécurité permanente et absence de soutien scientifique. Pourtant, malgré ces réalités, ils continuent de servir avec courage et humanité.

D’un côté, le monde développe des armes intelligentes et des systèmes sophistiqués de destruction ; de l’autre, des professionnels de santé oubliés consacrent leur intelligence à prolonger la vie humaine. Deux formes de puissance s’opposent alors : celle qui neutralise et celle qui protège.

C’est ici qu’apparaît le vieux mystère du prédateur et de la proie. Pourtant, l’histoire montre que la survie de l’humanité dépend moins de ceux qui détruisent que de ceux qui soignent,à réparent et reconstruisent.

Appel aux décideurs

En ma qualité de chercheur en pratiques innovantes en anesthésie-réanimation, expert anesthésiste technicien du terrain en ressources limitées, enseignant et doctorant à Rudolph Kwanue University, je m’adresse humblement aux puissances mondiales ainsi qu’aux décideurs du sort des peuples.

Penser librement ne signifie pas désigner un ennemi. C’est simplement poser une réflexion humaine et responsable sur les priorités de notre civilisation. Pourquoi les budgets consacrés aux conflits augmentent-ils plus rapidement que ceux destinés à la santé ? Pourquoi ceux qui sauvent des vies dans les hôpitaux restent-ils invisibles alors que les logiques de domination occupent le centre des décisions mondiales ?

Les infirmiers ne portent pas seulement une blouse ; ils portent une responsabilité civilisationnelle. Là où la peur détruit, ils rassurent. Là où les systèmes abandonnent, ils restent debout.

Demande d’aide et de soutien pour nos recherches

J’exprime également un besoin réel d’accompagnement scientifique, technique et matériel afin de renforcer nos recherches orientées vers la réduction de la mortalité pédiatrique en chirurgie dans les zones non équipées.

Chaque enfant perdu faute de matériel adapté représente une douleur évitable. Derrière chaque statistique se cache une famille, une communauté entière suspendue à la capacité des soignants à agir malgré le manque de moyens.

Nos recherches en anesthésie-réanimation dans les milieux à ressources limitées visent à développer des approches simples, innovantes et accessibles pour sauver davantage de vies. Mais sans soutien, sans partenariats et sans investissements humains et scientifiques, ces efforts risquent de rester limités face à l’ampleur des besoins.

Conclusion émotionnelle

En cette Journée mondiale des infirmiers, il ne suffit plus seulement de remercier. Il faut reconnaître que derrière chaque seringue, chaque pansement et chaque garde de nuit se cache une résistance humaine essentielle : celle de choisir la vie, même dans un monde qui semble parfois apprendre plus vite à détruire qu’à guérir.

L’infirmier reste cette main discrète qui soutient l’humanité lorsque tout vacille. Il agit souvent dans l’ombre, mais son combat quotidien éclaire encore l’espoir des peuples.

Texte rédigé par Kambale Katsuva Poteau, chercheur en anesthésie-réanimation, enseignant et doctorant à Rudolph Kwanue University.

Nord-Kivu/Tshopo : le projet « Climate, Health and Dignity » renforce la protection des personnes atteintes d’albinisme face au changement climatique

Dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique, l’organisation « Shujaa-Initiative », une plateforme des jeunes et enfants rescapés des guerres et des catastrophes climatiques, met en œuvre depuis début 2026 le projet «Climate, Health and Dignity» dans les provinces du Nord-Kivu et de la Tshopo, à l’Est de la République démocratique du Congo.

Ce projet met en lumière une problématique encore peu prise en compte dans les actions humanitaires : la vulnérabilité particulière des personnes atteintes d’albinisme face aux effets du changement climatique, notamment les risques sanitaires liés à l’exposition prolongée au soleil.

Selon les responsables de cette organisation, l’initiative repose sur trois piliers essentiels : l’adaptation climatique, la santé et l’inclusion sociale.

Faire des personnes atteintes d’albinisme des acteurs de la protection de l’environnement

Partant des études scientifiques selon lesquelles les personnes atteintes d’albinisme sont particulièrement exposées aux rayons ultraviolets en raison de l’absence ou de la faible quantité de mélanine dans leur peau, le projet organise des activités de reboisement communautaire avec leur participation active.

L’objectif est également de faire d’elles des actrices du changement au sein de leurs communautés, précisent les responsables de Shujaa-Initiative.

« Nous voulons que les personnes atteintes d’albinisme deviennent des ambassadeurs de la protection de l’environnement, car elles font partie des premières victimes des effets du changement climatique », explique Seth Tsongo, le coordinateur de Shujaa-Initiative.

Au-delà des activités de reboisement, le projet mène également des campagnes de sensibilisation auprès des communautés locales afin de promouvoir la protection de l’environnement, mais aussi de lutter contre la stigmatisation dont sont encore victimes les personnes atteintes d’albinisme et briser tous les stéréotypes liés à ce phénomène.

La prévention du cancer de la peau au centre des interventions

La question sanitaire constitue également un axe majeur du projet. L’organisation indique organiser régulièrement des consultations médicales et des séances de dépistage du cancer de la peau, considéré comme l’une des principales causes de mortalité précoce chez les personnes atteintes d’albinisme.

« Nous facilitons des consultations médicales régulières afin de prévenir la maladie ou d’assurer une prise en charge précoce des cas détectés », précise un responsable du projet.

Dans le même cadre, des lunettes de protection sont également distribuées aux bénéficiaires afin de limiter les effets néfastes de l’ensoleillement intense sur leur vue.

Le manque de financement, principal obstacle

Malgré les résultats encourageants déjà observés sur le terrain, Shujaa-Initiative fait face à d’importants défis, notamment le manque de financement.

L’organisation affirme que l’insuffisance des moyens limite l’élargissement des activités et le nombre de bénéficiaires pouvant être pris en charge. Elle lance ainsi un appel aux partenaires et aux organisations internationales pour soutenir son initiative.

Autre difficulté évoquée : la réticence de certaines personnes atteintes d’albinisme à participer aux activités, conséquence des discriminations dont elles sont souvent victimes.
Pour y remédier, l’organisation envisage d’intégrer, lorsque les moyens le permettront, un accompagnement psychologique des bénéficiaires afin de renforcer leur confiance et leur participation.

Un plaidoyer pour une meilleure protection juridique

Parmi les perspectives, Shujaa-Initiative prévoit renforcer son plaidoyer pour faire voter une loi spécifique pour la protection des personnes atteintes d’albinisme en RDC.

L’organisation estime notamment que classer les personnes atteintes d’albinisme dans la catégorie des personnes vivant avec handicap mérite d’être repensée.

« Toutes les personnes atteintes d’albinisme ne sont pas forcément en situation de handicap. Cette classification peut parfois renforcer la stigmatisation et leur frustration », estime le coordinateur.

Enfin, l’organisation encourage une plus grande implication des personnes atteintes d’albinisme dans la vie publique et politique afin de favoriser leur représentation dans les instances de décision.

La Rédaction

UNIGOM : le doctorant Jean Lebon Kambale Nzengera explique comment les arbres protègent la santé

À l’heure où l’humanité fait face à de graves perturbations climatiques, à la pollution croissante de l’air et à l’augmentation des maladies liées à l’environnement, la question du rôle de l’arbre dans la survie humaine attire de plus en plus l’attention des scientifiques. Longtemps considéré comme un simple élément du décor naturel, l’arbre apparaît aujourd’hui comme un véritable allié dans la lutte contre plusieurs menaces qui pèsent sur la santé publique.

C’est dans cette perspective scientifique que le MPH(Master en Santé Publique) Jean Lebon Kambale Nzengera, a animé une conférence académique mercredi 25 mars 2026 à l’Université de Goma, devant les étudiants de l’école de santé publique et de la faculté des sciences agronomiques , à l’occasion de la Journée internationale de la forêt célébrée le 21 mars de chaque année.

Centrée sur le thème « la Relation de l’arbre et la santé publique », son intervention a mis en évidence le rôle souvent méconnu des arbres dans la prévention des maladies et la promotion du bien-être humain, insistant sur l’importance d’intégrer la protection de l’environnement dans les stratégies de santé publique.

Les arbres, premiers protecteurs de la qualité de l’air

Dans son exposé, Jean Lebon Kambale a expliqué que les arbres constituent des filtres naturels contre la pollution atmosphérique. Selon lui, ils absorbent le dioxyde de carbone (CO₂), captent les particules fines et réduisent la présence de plusieurs gaz toxiques dans l’air.
L’impact sanitaire de cette fonction, a-t-il souligné, c’est la réduction des maladies respiratoires telles que l’asthme, les bronchites et certaines allergies.

Pour illustrer ses propos, il a évoqué des études menées dans des villes comme New York, où les zones les plus arborées enregistrent moins de cas d’hospitalisation liés à l’asthme, particulièrement chez les enfants.

Remède contre le stress

Le conférencier a également insisté sur les bienfaits psychologiques des arbres et des espaces verts. Il a expliqué que la proximité avec la nature contribue à réduire le stress, améliore la santé mentale et favorise une meilleure récupération chez les patients malades.

Selon lui, plusieurs recherches ont démontré que les malades hospitalisés dans un environnement verdoyant guérissent plus rapidement que ceux vivant dans des milieux dépourvus d’espaces verts.

Il a ainsi encouragé les futurs professionnels de santé à considérer l’environnement comme un facteur incontournable de la santé mentale.

Un rôle essentiel dans la lutte contre la chaleur

Abordant les défis climatiques actuels, l’orateur a expliqué que les arbres contribuent à réduire la chaleur dans les villes grâce à l’ombre qu’ils procurent, évoquant « l’effet îlot de fraîcheur ». .

Il a cité l’exemple de certaines villes européennes où la plantation d’arbres a permis de diminuer sensiblement la température pendant les périodes de canicule, protégeant ainsi les populations les plus vulnérables, dont les personnes âgées, contre les coups de chaleur et les complications cardiovasculaires.

Le MPH Kambale Nzengera a également démontré que les espaces verts favorisent l’activité physique en offrant des environnements propices à la marche, au sport et aux loisirs.

Cette réalité, a-t-il indiqué, contribue à prévenir plusieurs maladies non transmissibles comme l’obésité, le diabète de type 2 et l’hypertension artérielle.

Il a, à ce sujet, encouragé les urbanistes et les autorités publiques à intégrer davantage d’espaces verts dans les plans d’aménagement urbain.

Les arbres, facteurs de cohésion sociale

Au cours de sa présentation, il a aussi évoqué la dimension sociale des espaces verts. Selon lui, les parcs et les zones arborées constituent des lieux favorisant les échanges sociaux, renforçant la cohésion communautaire et contribuant indirectement à la réduction de la criminalité.

Pour lui, investir dans les arbres revient aussi à investir dans la stabilité sociale et le bien-être collectif.

Des vertus médicinales à valoriser

Enfin, le spécialiste en santé publique a rappelé que certains arbres possèdent des propriétés thérapeutiques importantes. Il a notamment cité le moringa, reconnu pour ses qualités nutritionnelles et son rôle dans la lutte contre la malnutrition, ainsi que certaines plantes médicinales utilisées dans le traitement des maladies digestives, à l’instar de Vernonia qui soigne l’amibiase.

Il a, de ce fait, encouragé les étudiants à promouvoir la recherche scientifique sur les plantes médicinales locales afin de valoriser les solutions naturelles existantes.

Concluant sa présentation, Jean-Lebon Kambale Nzengera a invité les étudiants à considérer l’arbre comme un véritable outil de prévention sanitaire.

« On peut dire que chaque arbre en ville est une petite « pharmacie verte » pour la communauté » a-t-il conclu.

Emmanuel Barhebwa

Goma : le Droit, la Justice et l’autonomisation des femmes au cœur des échanges entre AGAPAO-VISION-RDC et les filles de l’Académie de Leadership féminin

Dans le cadre de la clôture du mois dédié aux droits des femmes, l’organisation AGAPAO-VISION-RDC  en collaboration avec la plateforme FEMMES ÉCLAIRÉES, a organisé ce vendredi 27 mars 2026  à son siège à Goma, une séance d’échange au profit des jeunes filles membres de l’Académie du Leadership féminin, dans l’objectif de renforcer leurs capacités sur les questions liées aux droits des femmes, à l’accès à la justice et à l’autonomisation.

L’initiative visait, selon Marlyne Ansima, coordinatrice de cette organisation, à outiller ces jeunes filles sur leurs droits et les mécanismes existants pour se défendre en cas de violation.

Elle s’est réjouie du caractère participatif de ces échanges qui ont  permis aux participantes d’identifier les différentes formes de violences et d’injustices auxquelles les femmes sont souvent confrontées dans la communauté, ainsi que des orientations données pour dénoncer les abus et accéder à la justice en toute sécurité.

Émues, les participantes ont exprimé leur gratitude envers AGAPAO-VISION-RDC pour avoir abordé cette thématique en ce moment précis, « dans le  contexte de notre région marqué par de nombreux cas de violences faites aux femmes, dont plusieurs victimes ignorent encore ni ou ni comment les dénoncer ».

Aurélie Sebuke, l’une des participantes, s’est engagée à défendre les droits des femmes au sein de la communauté et à vulgariser les connaissances acquises afin de briser l’ignorance auprès d’autres femmes.

« Je viens d’apprendre que les filles ont beaucoup de droits, mais peu les connaissent. J’ai aussi compris qu’il ne faut pas garder le silence en cas d’abus, mais plutôt dénoncer tout en prenant des précautions pour sa sécurité. Je m’engage à partager ces connaissances avec d’autres femmes pour les aider à défendre leurs droits », a-t-elle témoigné.

Au total, une trentaine de jeunes filles ont pris part à cette activité. Elles ont, à cette occasion, encouragé AGAPAO-VISION-RDC à poursuivre ce type d’initiatives pour contribuer à l’éveil de la conscience féminine et au renforcement du leadership des jeunes femmes.

Aline Kwinja Malekera

Attaques des ADF en Ituri : à côté des massacres humains, la faune à okapis également menacée

Les récentes attaques des rebelles ADF en Ituri lundi 16 mars 2026 , ayant coûté la vie à une dizaine de civils (décapités à la machette), ainsi que leur progression dans les profondeurs de la forêt du territoire de Mambasa, menacent également la Réserve de faune à okapis, s’inquiètent plusieurs acteurs environnementalistes de la région.

Moïse Mayani, citoyen de Djugu, qui déplore ce énième massacre de civils innocents, appelle les autorités à renforcer la sécurité dans la zone, particulièrement autour de la Réserve à okapis, l’un des patrimoines naturels rares du pays, aujourd’hui menacé.

« La Réserve de faune à okapis est sans doute déjà infiltrée, d’autant plus que ceux qui tuent les habitants opèrent dans la forêt et ses environs. Ces nouvelles attaques terroristes sont un signal d’une menace sérieuse sur cette espèce endémique de la RDC. Et ces gens qui tuent les humains avec une telle atrocité, je ne sais pas s’ils peuvent avoir pitié de ces espèces rares de notre faune nationale » craint-il.

Celui-ci réitère son appel aux autorités face à cette montée de la violence dans la zone, qu’il estime se dérouler sous l’impuissance des services de sécurité.

« Mambasa et Babesua ont été endeuillés lundi après l’attaque des assaillants. Ce qui est déplorable, c’est le fait que ce n’est pas la première fois que cela se produit. Nous avons l’impression d’être abandonnés par les autorités. Nos enfants, nos femmes et nos parents sont massacrés chaque jour sous l’œil impuissant des autorités militaires qui administrent l’entité », regrette-t-il.

De son côté, Julienne Mwasi, depuis la ville de Bunia, qui craint que cette avancée djihadiste atteigne les provinces de la Tshopo et du Haut-Uele, voisines de la grande forêt, appelle les FARDC à multiplier les offensives afin d’anéantir la menace à sa source.

« Notre pays dispose d’une armée structurée et capable de neutraliser les ADF. Il faut agir maintenant. J’encourage une riposte exemplaire contre ces rebelles. Les provinces de la Tshopo et du Haut-Uele sont certainement en situation de péril. La mise en place d’une approche préventive est nécessaire. Les civils sont invités à signaler tout mouvement suspect pour aider à anticiper les menaces et à renforcer la sécurité générale. Nous exigeons des réponses et des actions immédiates pour notre sécurité et notre survie ».

La situation préoccupe également au plus haut point les défenseurs des droits humains de la région. Christophe Munyanderu préconise l’installation de bases militaires avancées et le lancement d’opérations militaires comme stratégie pour protéger la population et garantir l’intégrité du territoire national.

Selon lui, cela pourrait empêcher toute implantation durable de cellules terroristes. Christophe Munyanderu insiste par ailleurs sur la nécessité d’une synergie entre les deux provinces afin d’affaiblir les ADF :

« Il faudrait que les autorités de ces deux provinces puissent se mettre autour d’une table et réfléchir à des plaidoyers au niveau national afin de renforcer l’effectif des militaires FARDC dans la zone. Aujourd’hui, nous faisons face à des difficultés liées à la présence des ADF dans la grande forêt du territoire de Mambasa. Cela expose malheureusement les populations environnantes. Nous demandons à la population de rester toujours vigilante et surtout de quitter la zone en cas d’offensives des FARDC », déclare-t-il.

Depuis des mois, plusieurs grandes agglomérations de la province de l’Ituri font face à une pression sécuritaire croissante liée à l’expansion des groupes armés. Les territoires de Mambasa, d’Irumu et de Djugu restent les plus touchés par ces violences meurtrières qui menacent désormais la faune rare de cette partie de la RDC.

Animal emblématique de la RDC, l’okapi reste une espèce unique au monde que l’on ne retrouve à l’état sauvage que dans les forêts congolaises. Aujourd’hui, l’insécurité qui menace son habitat naturel fait également peser un sérieux danger sur ce symbole rare de la biodiversité nationale.

Parmi les principales stratégies évoquées par de nombreux observateurs pour renforcer la riposte contre le terrorisme en RDC figurent notamment le renforcement des équipements militaires, l’augmentation des effectifs, l’amélioration du renseignement ainsi que la coopération sécuritaire avec les provinces voisines.

Lee Sadiki Kajibwami