Très attendu ce 18 septembre 2026, le titre « Musika Munande », première collaboration entre l’artiste originaire du Nord-Kivu Alain Kambale et le chanteur Gally Garvey, natif de Kinshasa, suscite déjà beaucoup de réactions. Depuis l’annonce de ce projet, les fans se posent plusieurs questions sur cette chanson qui veut mettre la culture Nande à l’honneur.
Le titre lui-même, « Musika Munande », qui signifie « la femme Nande », attire déjà l’attention. Beaucoup de fans se demandent quelle image Alain Kambale veut donner de la femme Nande à travers cette chanson destinée au public congolais et international.
Que veut-il raconter sur la femme Nande ? Quelles valeurs veut-il présenter ? La chanson parlera-t-elle de l’amour, de la beauté, du courage ou d’autres réalités liées à cette culture ? Pour l’instant, le suspens reste entier.
Le choix de Kinshasa, où Alain Kambale réside actuellement, fait également partie des éléments qui attirent l’attention. C’est depuis la capitale congolaise que l’artiste va lancer cette nouvelle œuvre.
Kinshasa étant l’une des grandes villes de la musique congolaise, ce choix pourrait permettre à Alain Kambale de faire connaître davantage la culture Nande auprès d’un public plus large, au-delà de l’Est de la RDC.
La présence de Gally Garvey dans ce projet suscite également la curiosité. Connu pour sa discrétion, son style calme et ses chansons « d’amour » appréciées par un large public, l’artiste apporte une nouvelle dimension à cette collaboration.
Mais une question reste posée : qu’a appris Gally Garvey de la culture Nande auprès d’Alain Kambale ? Et comment cette culture sera-t-elle présentée à ses nombreux fans ?
Autre question que se posent les mélomanes : quel style musical les deux artistes ont-ils choisi ? S’agira-t-il d’une rumba, d’une chanson douce et amoureuse comme Gally Garvey en propose souvent, ou d’un style particulier inspiré de la culture Nande ?
Toutes ces questions trouveront leurs réponses ce vendredi 18 septembre 2026 à partir de 10 heures, lors de la sortie officielle de « Musika Munande » sur les différentes plateformes de l’artiste Alain Kambale. Une œuvre portée par la maison de production Matawi Production, qui accompagne le jeune artiste dans cette nouvelle étape de son parcours artistique.
Cette chanson représente aussi une étape importante franchie, dans la jeune carrière d’Alain Kambale. L’artiste poursuit son parcours musical depuis ses débuts professionnels autour de 2018, après son passage au concours Vodacom Best of the Best.
Depuis lors, Alain Kambale s’est fait connaître à travers plusieurs chansons et projets. Il cherche progressivement à toucher un public plus large, en faisant notamment le lien entre l’Est et l’Ouest de la République démocratique du Congo.
Avec « Musika Munande », le jeune artiste semble vouloir aller encore plus loin en mettant en avant son identité culturelle et en la faisant découvrir à un public national et international.
Rendez-vous donc ce vendredi 18 septembre à 10 heures pour découvrir cette collaboration qui fait déjà parler d’elle avant même sa sortie. ici le lien de la chaine youtubde de l’artiste https://m.youtube.com/@alainkambaleofficial5753?ra=m
Plusieurs défis continuent de freiner les efforts d’alphabétisation à Goma et dans plusieurs régions à l’Est de la RDC, a indiqué le collectif Alpha Ujuvi lors d’une conférence de presse organisée à Goma, ce lundi 7 septembre, à son bureau-siège, en marge de la célébration de la Journée internationale de l’alphabétisation, commémorée chaque 8 septembre.
Parmi ces défis, note la Rév. Sœur Deodata Bunzigiye, secrétaire exécutive du Collectif Alpha Ujuvi, figurent les catastrophes naturelles, les crises sanitaires ainsi que les conflits armés, qui contribuent à reléguer l’éducation et l’alphabétisation au second plan.
« Tout cela fait que l’éducation en général et l’alphabétisation en particulier semblent ne pas être une priorité », a-t-elle déclaré.
Pour la secrétaire exécutive du Collectif Alpha Ujuvi, l’éducation et l’alphabétisation devraient pourtant se poursuivre, même en période de crise.
« Cela devrait être le contraire, car même lorsqu’il y a ce genre d’événements, l’éducation et l’alphabétisation doivent continuer. Pour nous, c’est un défi, parce qu’il est souvent difficile de dire aux partenaires que l’alphabétisation reste importante. C’est comme si on disait que l’on se moque de la situation ou de l’événement, et l’on nous demande si c’est vraiment une priorité », a-t-elle expliqué.
Elle estime que l’alphabétisation demeure une nécessité, notamment pour permettre à ceux qui n’ont pas eu accès à l’éducation de développer des compétences essentielles à leur vie quotidienne.
« Pour nous, oui, c’est une priorité, parce que plusieurs personnes continuent de ne pas savoir lire, écrire et calculer, et aujourd’hui, à utiliser les nouvelles technologies dans leur quotidien. Il devient donc urgent de les alphabétiser. C’est vraiment un défi majeur. Cependant, le plus grand défi reste celui des moyens », a-t-elle poursuivi.
Selon Alpha Ujuvi, l’insuffisance des financements constitue l’un des principaux obstacles à la mise en œuvre des programmes d’alphabétisation. La secrétaire exécutive regrette notamment que certains partenaires accordent davantage de priorité à d’autres secteurs, comme l’agriculture ou la santé.
« Parfois, les partenaires hésitent à mettre autant de moyens dans les programmes d’alphabétisation. On priorise l’agriculture, la santé, et on oublie que si la personne est alphabétisée, le reste va de soi, car les expériences l’ont déjà prouvé. L’alphabétisation est un levier du développement durable et un vecteur d’inclusion sociale », a souligné la Rév. Sœur Deodata Bunzigiye.
De son côté, Jean Bosco Bayongwa, agent du Collectif Alpha Ujuvi au service pédagogique et andragogique, plaide pour l’intégration de l’alphabétisation des adultes dans le programme national.
Il appelle notamment à renforcer l’enseignement de la lecture, de l’écriture et du calcul en faveur des adultes qui n’ont pas eu la possibilité de suivre une scolarité régulière. Selon lui, la maîtrise de ces compétences constitue un premier pas vers la dignité, l’autonomie et le développement économique des personnes concernées.
Cette conférence de presse a été organisée en marge de la Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée autour du thème international : « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité ».
Au niveau local, la célébration est placée sous le thème : « L’alphabétisation et les défis climatiques ».
Le Collectif Alpha Ujuvi est une organisation nationale créée en 2001 et engagée notamment dans la promotion de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes. À travers ses différentes actions, l’organisation entend contribuer à l’autonomisation des personnes qui n’ont pas eu accès à l’éducation, en leur permettant notamment d’acquérir des compétences de base en lecture, en écriture et en calcul, mais aussi de renforcer leur participation à la vie économique et sociale.
Face à la progression rapide de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et aux signes persistants de défiance communautaire, le chercheur scientifique Poteau Kambale estime nécessaire de réinterroger certains aspects du protocole de riposte. Pour lui, l’efficacité d’une réponse sanitaire ne peut être dissociée de la confiance des populations.
La République démocratique du Congo fait face à une flambée d’Ebola d’une ampleur particulièrement préoccupante. Selon le dernier bilan arrêté au 21 août 2026, la RDC comptait 5.514 cas confirmés et 2.642 décès dans 57 zones de santé. Le rythme de progression de cette épidémie inquiète d’autant plus que le seuil des 2 000 décès a été atteint en moins de trois mois, une vitesse de propagation qualifiée d’exceptionnelle dans les données rapportées ces dernières semaines.
Ces chiffres interpellent le doctorant Poteau Kambale, chercheur scientifique réanimateur spécialisé dans l’élaboration des protocoles sanitaires en contexte contraint. Pour lui, cette situation doit pousser les acteurs de la riposte à ne pas seulement renforcer les moyens de lutte, mais également à évaluer l’adéquation du protocole avec les réalités des communautés concernées.
Une mère face à une ambulance : le signal d’une confiance fragilisée ?
La réflexion de Poteau Kambale s’appuie notamment sur une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, il y a quelques jours, présentée comme ayant été filmée à Butembo, au Nord-Kivu.
Dans cette séquence, une mère s’interpose devant un véhicule de type Land Cruiser utilisé dans le cadre de la prise en charge sanitaire. Elle tente d’empêcher le départ de son enfant, présenté dans la vidéo comme suspect d’être atteint d’Ebola.
La femme lance notamment en swahili : « Mutoto yangu hagonjwe Ebola, hamuta mubeba fasi », que l’on peut traduire par : « Mon enfant n’est pas malade d’Ebola, vous ne l’emmènerez nulle part. »
Pour Poteau Kambale, cette scène ne devrait pas être analysée uniquement sous l’angle du refus d’obéir à une mesure sanitaire.
Elle pourrait aussi révéler une réalité plus profonde : la peur, l’incompréhension et la fragilisation du lien de confiance entre certaines familles et le système de santé.
Quand le réflexe maternel se heurte au protocole
La scène soulève une question délicate : jusqu’où le consentement des familles peut-il être pris en compte lorsqu’une situation épidémique impose l’isolement ou le transfert d’une personne suspectée d’être infectée ?
Pour le doctorant, il ne s’agit évidemment pas de nier la dangerosité d’Ebola ni la nécessité de protéger les patients, les familles, les professionnels de santé et la communauté.
Mais une mesure sanitaire, aussi rigoureuse soit-elle sur le plan scientifique, risque de rencontrer une forte résistance lorsqu’elle n’est pas suffisamment comprise ou acceptée par ceux auxquels elle s’applique.
« À sa place, avec son niveau d’instruction et dans les mêmes circonstances, combien d’entre nous auraient réellement agi différemment ? », s’interroge-t-il.
Pour une mère, voir son enfant être conduit vers un centre d’isolement peut être vécu comme un moment de grande détresse. Si elle ne comprend pas clairement le diagnostic suspecté, les raisons du transfert, les étapes de la prise en charge ou les possibilités de communication avec son enfant, la peur peut rapidement prendre le dessus.
D’où une interrogation centrale dans la réflexion de Poteau Kambale : « Un protocole peut-il être scientifiquement rigoureux tout en étant socialement inadapté ? »
À part cela, des scènes de violence ou d’hostilité à l’égard des agents de la riposte continuent d’être rapportées dans plusieurs zones affectées par la maladie, témoignant de la persistance d’une certaine méfiance entre les communautés et les équipes engagées dans la réponse.
À ces tensions s’ajoutent les plaintes de certains patients et de leurs proches, qui font état d’éventuels cas de négligence ou d’une prise en charge jugée insuffisante de la part de certains agents. Des ambulanciers sont également pointés du doigt dans certains témoignages, certains patients ou leurs familles évoquant des refus ou des réticences à assurer certaines prestations, sur fond de difficultés liées au financement ou au paiement de leurs services.
Adapter le protocole au contexte local
Poteau Kambale reconnaît la nécessité de mesures telles que la détection rapide des cas, l’isolement, la prévention et le contrôle des infections, la recherche des contacts et la prise en charge des malades.
Cependant, il estime que leur efficacité dépend aussi de leur acceptation par les communautés. Dans un contexte marqué par l’insécurité, le manque de confiance dans la politique sanitaire, les déplacements de populations, la précarité, les rumeurs et les informations contradictoires, la perception des interventions sanitaires peut fortement influencer la réponse à l’épidémie.
Pour lui, un protocole élaboré dans un contexte scientifique international ne devrait pas être appliqué comme un simple « copier-coller ». Il doit pouvoir être adapté aux réalités sociales, culturelles et communautaires du terrain.
La communauté comme partenaire
Le doctorant plaide ainsi pour une implication accrue des familles et des leaders communautaires, une meilleure communication autour des procédures sanitaires, le recours à la médiation locale et une attention particulière à la dignité des patients et de leurs proches.
« La rigueur scientifique ne doit jamais devenir une rigidité institutionnelle », estime-t-il.
Selon cette approche, la communauté ne devrait pas être considérée uniquement comme une population à protéger, mais comme un véritable partenaire de la riposte.
Pour Poteau Kambale Katsuva, réviser certains aspects du protocole ne signifie donc pas abandonner la science. Il s’agit plutôt de reconnaître que l’efficacité d’une réponse épidémique dépend aussi de la confiance et de l’adhésion des populations.
« On ne protège durablement une population contre une épidémie ni contre son gré, ni sans elle », conclut-il.
Technicien anesthésiste-réanimateur en République Démocratique du Congo, Kambale Katsuva Poteau est chercheur en pratiques innovantes d’anesthésie-réanimation appliquées en milieu rural et doctorant à Rudolph Kwanue University du Liberia. Il est également représentant au Nord-Kivu de STARDC (Société des Techniciens Anesthésiste-Reanimateurs de la RDC), joignable à l’adresse https://orcid.org/0009-0000-0416-5951,
L’Université Adventiste de Goma (U.A.GO), en collaboration avec l’Institut Supérieur de Techniques Adventistes de Goma (I.S.T.A.GO), a organisé, ce dimanche 23 août 2026, la cérémonie de collation des grades académiques consacrant la fin du parcours universitaire de 150 lauréats, parmi lesquels des diplômés de niveau Master.
La cérémonie a réuni les autorités académiques, le corps scientifique et enseignant, les comités de gestion, les parents ainsi que les heureux lauréats venus célébrer l’aboutissement de plusieurs années d’études et d’efforts.
Les diplômés sont issus de plusieurs filières, notamment la théologie, la psychologie, les sciences de l’homme, la gestion économique, l’informatique de gestion, le bâtiment et les travaux publics, les sciences infirmières, les soins généraux, la nutrition et diététique, les lettres et langues, ainsi que les mathématiques, algèbre et géométrie.
La cérémonie a été présidée sous l’encadrement des autorités académiques de l’U.A.GO, avec à sa tête le Professeur Recteur Elias Semajeri Ladislas.
Dans son intervention, le représentant des étudiants de l’Université Adventiste de Goma a exprimé sa reconnaissance à l’ensemble du corps enseignant, aux comités de gestion ainsi qu’aux parents des lauréats pour les efforts consentis afin d’accompagner leurs enfants jusqu’à l’aboutissement de leur parcours académique, malgré les difficultés rencontrées.
Prenant la parole, le Professeur Recteur Elias Semajeri Ladislas a félicité les heureux lauréats pour leur travail acharné, leur persévérance et leur courage face aux difficultés rencontrées durant leur parcours universitaire.
Il a également encouragé le corps scientifique, le comité de gestion et les parents, dont l’accompagnement a contribué à la réussite des étudiants. Aux nouveaux diplômés, il a adressé un appel à affronter avec courage les aléas et les défis de la vie professionnelle et sociale, tout en cultivant l’intégrité, la responsabilité, la discipline et le bon caractère.
Dans son message, le Recteur a également saisi l’occasion pour lancer une invitation aux nouveaux diplômés et à tous ceux qui souhaitent poursuivre leurs études supérieures. Il les a encouragés à ne pas hésiter à venir s’inscrire massivement à l’Université Adventiste de Goma (U.A.GO), en leur assurant qu’ils y trouveront un cadre favorable à leur formation et à leur épanouissement académique.
« N’hésitez pas à venir vous inscrire massivement à l’Université Adventiste de Goma. Vous ne serez pas déçus », a-t-il lancé, invitant ainsi les futurs étudiants à faire confiance à l’institution pour la poursuite de leur formation.
Cette collation des grades académiques marque ainsi une nouvelle étape dans la vie des 150 lauréats, désormais appelés à mettre leurs connaissances, leurs compétences et les valeurs acquises au service de la communauté et du développement de la société.
La communauté diocésaine de Goma a conduit, jeudi 20 août 2026, à leurs dernières demeures trois autres consacrés, deux jours seulement après les obsèques de l’abbé Jacques Paluku Letakamba, prêtre du diocèse de Goma décédé le 4 août 2026. L’abbé Désiré Munyakarambi, son confrère, s’est éteint dans la soirée du 17 août 2026, le jour même de la veillée mortuaire organisée en hommage à l’abbé Jacques Letakamba. La sœur Marie-Goretti Ndaziramiye, membre de la congrégation des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul de Roeselare, a également tiré sa révérence au cours de cette même soirée. À ces deux décès s’ajoute celui de la sœur Donatila Nyirabukeye, fille de Marie Reine des Apotres de Bukavu, décédée le 13 août 2026.
En l’espace de quelques jours, le diocèse de Goma a ainsi été frappé par la disparition de quatre consacrés. Une succession de deuils qui a plongé la communauté diocésaine dans une profonde tristesse et le recueillement, marquant l’une des pages les plus douloureuses de son histoire récente.
Des funérailles marquées par l’unité de l’Église
La messe de funérailles des trois derniers consacrés a été célébrée en la paroisse-cathédrale Saint-Joseph de Goma. Elle a été présidée par le vicaire général du diocèse de Goma, représentant l’évêque diocesain, empêché pour des raisons de santé.
La célébration a rassemblé des milliers de participants, majoritairement des consacrés et des fidèles laïcs proches des illustres disparus, parmi lesquels ceux venus du Rwanda, de la ville de Bukavu et d’ailleurs.
Dans son homélie, le vicaire général a souligné le caractère inédit de ces funérailles, qui, selon lui, témoignent également de l’unité qui caractérise la vie consacrée et l’ensemble de la communauté ecclésiale.
S’appuyant sur l’Évangile du jour, consacré à la parabole du vêtement de fête aux noces, il a établi un parallèle entre la vie des trois consacrés et le vêtement de fête évoqué par le Christ.
« Dieu nous convie tous les jours à la fête. Et il est étonné de trouver parmi nous quelqu’un qui ne porte pas l’habit de fête. La tenue de noces, c’est le choix de suivre le Christ, c’est avoir un cœur pur, un cœur tourné vers Dieu et un cœur sincère », a-t-il indiqué.
Évoquant la vie des trois religieux dont les funérailles étaient célébrées, le vicaire général a estimé qu’ils étaient demeurés fidèles à leur engagement spirituel jusqu’au dernier moment de leur vie.
« Les trois consacrés dont nous célébrons aujourd’hui la naissance au ciel sont restés fidèles à la prière jusqu’au dernier moment de leur vie. Aujourd’hui, ils nous apprennent l’unité de l’Église, la fidélité à nos engagements et surtout à être en habit de fête… »
« Notre douleur est grande, mais notre espérance est plus grande » (Mgr Willy Ngumbi)
Dans un message adressé aux fidèles de Goma et lu par son chancelier au cours de cette messe de requiem, l’évêque de Goma, Mgr Willy Ngumbi, a exprimé, depuis la ville de Kinshasa, sa communion fraternelle avec l’ensemble de la communauté diocésaine, particulièrement avec les familles biologiques et religieuses des trois consacrés.
Face à cette succession de deuils, l’évêque a invité les fidèles à garder l’espérance chrétienne face à l’épreuve.
Notre douleur est grande, a-t-il reconnu, mais notre espérance est plus grande. « Que le Seigneur nous donne la force de traverser cette épreuve et qu’il transforme peu à peu nos larmes en espérance » implore l’évêque de Goma.
Mgr Willy Ngumbi a ensuite adressé un dernier hommage aux trois consacrés, confiant leurs ames à la miséricorde de Dieu :
« Votre mission terrestre est maintenant achevée, mais le fruit de votre témoignage demeure dans le cœur de ceux que vous avez rencontrés. Que Saint Joseph, patron de la bonne mort, vous accompagne auprès du Seigneur et que Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux vous accorde le repos éternel. »
Avant la fin de la célébration, une quinzaine de délégations ont tour à tour déposé des gerbes de fleurs en hommage aux trois illustres disparus, n signe de gratitude pour tout ce qu’ils ont accompli au service de la communauté au cours de leur vie. Leurs dépouilles ont été ensuite conduites au cimetière ecclésiastique de Buhimba, où ils reposent désormais aux côtés d’autres consacrés du diocèse de Goma. Ils y ont rejoint notamment l’abbé Jacques Paluku Letakamba, inhumé deux jours auparavant,
Ces quatre décès successifs ont ainsi plongé le diocèse de Goma dans une période de deuil particulièrement éprouvante. Au-delà de la douleur, ces célébrations funéraires ont constitué un moment de communion, de prière et de rappel de la vocation des consacrés à demeurer fidèles à leur engagement jusqu’au bout.
Alors que les premiers rassemblements de chrétiens ont débuté ce vendredi 14 août 2026 à Goma,dans le cadre du deuil relatif au décès de l’abbé Jacques Letakamba, les hommages se multiplient pour saluer l’héritage qu’il laisse à la communauté chrétienne et au monde scientifique de la région. Parmi les témoignages les plus poignants ce vendredi, figure celui de l’abbé Innocent Nyirindekwe, prêtre du diocèse de Goma, confrère et proche collaborateur du défunt. Les deux ont partagé près de 45 années d’amitié et de parcours commun, depuis le petit séminaire jusqu’au ministère sacerdotal.
À travers son témoignage, l’abbé Innocent Nyirindekwe décrit un prêtre profondément humain, discret, doté de nombreux talents et dont l’engagement pastoral, intellectuel et scientifique aura marqué plusieurs générations.
« Nous sommes amis depuis 45 ans. Nous avons commencé le petit séminaire ensemble, alors que nous avions 14 ans. Nous avons également été ordonnés prêtres ensemble, il y a 34 ans, et nous avons cheminé côte à côte depuis lors, à travers plusieurs étapes de la vie », témoigne l’abbé Innocent Nyirindekwe.
Pour lui, l’abbé Jacques Letakamba était « un pasteur complet, un homme plein d’humanité ». Cette dimension humaine, explique-t-il, s’est construite dès son enfance, notamment à travers son expérience dans les milieux du centre pour handicapés où il a grandi.
« Nous l’avions senti, parce qu’il avait une compassion et une proximité inégalables », souligne l’ancien recteur de l’Université Catholique la Sapientia de Goma.
Un homme discret aux talents multiples
L’abbé Innocent Nyirindekwe se souvient également d’un homme doté de nombreux talents, mais qui les exerçait avec une grande discrétion.
« Il avait beaucoup de capacités intellectuelles. Il connaissait la musique, jouait de l’orgue et de la guitare. Il était également sportif : il a pratiqué le football, le volleyball, le tennis et d’autres disciplines, et il les faisait très bien », raconte-t-il.
Au-delà de ces talents, l’abbé Jacques Letakamba s’était également distingué dans l’accompagnement spirituel. Selon son confrère, il est compté parmi les grands prédicateurs des récollections et des retraites spirituelles en diocèse de Goma.
Il était également très engagé dans l’accompagnement vocationnel, affirme l’abbé Nyirindekwe, « Il a aidé plusieurs sœurs et prêtres à commencer leur cheminement vocationnel ».
Un prêtre et un intellectuel reconnu
L’aspect intellectuel de l’abbé Jacques Letakamba demeure également un élément important de son héritage, estime son confrère.
« Je ne peux pas oublier son côté intellectuel. Il a écrit plusieurs ouvrages et a terminé sa vie comme professeur ordinaire, un titre que beaucoup de prêtres et d’intellectuels atteignent rarement », souligne-t-il.
À travers ses écrits et ses réflexions, Jacques Letakamba laisse ainsi une œuvre pouvant continuer à nourrir la réflexion scientifique et sociale, notamment autour des questions liées à « la recherche de la paix, à la santé et à la non-violence ».
« Comme intellectuel et écrivain, les scientifiques peuvent s’inspirer de ses écrits et de ses réflexions autour de la recherche de la paix, de la santé et de la non-violence », estime l’abbé Innocent Nyirindekwe.
Au-delà de son œuvre scientifique et intellectuelle, c’est surtout son témoignage de vie sacerdotale que l’abbé Nyirindekwe souhaite voir perdurer.
« Comme prêtre, il laisse l’héritage de la disponibilité à servir le Seigneur et de la discrétion, qui sont deux piliers importants dans le sacerdoce », conclut-il.
Prêtre du diocèse de Goma et figure bien connue de la sphère scientifique de la région, le révérend abbé Jacques Letakamba Paluku s’est éteint mardi 4 août 2026 à Kinshasa, à la suite d’une longue maladie.
En attendant l’arrivée de sa dépouille, annoncée pour dimanche prochain, et son inhumation prévue lundi 17 août, la communauté chrétienne de Goma se réunit chaque soir, depuis ce vendredi, à la paroisse Saint-Joseph Cathédrale; pour prier pour le repos de son âme et lui rendre les derniers hommages.