Les médias au service de l’éducation et de l’évangélisation : SOLEIL DE NOS VIES donne la parole à la jeunesse de Goma, de Butembo et d’ailleurs

À travers notre partenariat avec la revue SOLEIL DE NOS VIES, KIVUNYOTA a le plaisir de partager avec vous les articles de ce nouveau numéro, rédigés en grande partie par de jeunes de Goma, de Butembo et d’autres horizons, numéro consacré au thème : « Les médias, un moyen d’éducation et d’évangélisation ».

Cette édition met en lumière le rôle que peuvent jouer les médias dans la transmission des connaissances, la promotion des valeurs humaines et chrétiennes, ainsi que dans la sensibilisation des communautés face aux enjeux de notre société. À travers des analyses, des témoignages et des réflexions, les contributeurs invitent le public à porter un regard renouvelé sur les responsabilités qui incombent aux acteurs des médias et à tous les utilisateurs des réseaux sociaux dans la construction d’une société plus éclairée, plus solidaire et plus engagée.

BONNE LECTURE!

La publication en ligne de cette édition de la revue SOLEIL DE NOS VIES est le fruit d’une collaboration entre KIVUNYOTA et SOLEIL DE NOS VIES, dans le but de rendre accessibles au plus grand nombre des contenus qui favorisent la réflexion, l’éducation et le partage des valeurs.

Pour toute information complémentaire, proposition de partenariat ou demande relative à cette publication, n’hésitez pas à nous contacter : Téléphone / WhatsApp : +243 999 098 773, E-mail : kivunyota@gmail.com

Forum régional des jeunes à Rutshuru : « Nous avons choisi des intervenants qualifiés qui aideront la jeunesse à surmonter les crises actuelles » Mgr Willy Ngumbi

L’évêque du diocèse de Goma rassure les participants à la 15ᵉ édition du Forum régional des jeunes sur la qualité des enseignements qu’ils recevront durant les quatre jours de leur rassemblement, prévu à Rutshuru du 16 au 19 juillet prochain.

Il l’a fait savoir lors d’un point de presse dimanche 12 juillet, au cours duquel il a appelé les jeunes à ne pas manquer cette occasion unique de s’ouvrir à d’autres cultures et de s’enrichir tant sur les plans spirituel qu’intellectuel.

Pour Mgr Willy Ngumbi, les intervenants ainsi que les thématiques retenues pour cette 15ᵉ édition du Forum régional des jeunes pour la paix dans la région des Grands Lacs ont été choisis en tenant compte des réalités actuelles auxquelles est confrontée la jeunesse de la région.

« Le contexte que nous vivons actuellement est très particulier. Les jeunes vivent dans une certaine angoisse parce qu’ils n’ont pas de travail. Ils n’arrivent pas à gagner de l’argent, puisque ces derniers temps l’argent circule difficilement ici chez nous suite à ce problème de fermeture des banques. Beaucoup de bureaux ont aussi fermé, de nombreuses personnes se sont exilées, notamment des commerçants et des hommes d’affaires qui, quelque part, offraient des emplois aux jeunes. Beaucoup d’entre eux sont donc au chômage et le vivent très mal. Il y a aussi le problème de l’insécurité dans la région, ainsi que plusieurs autres crises. Tous ces éléments seront pris en compte dans les enseignements », a souligné le berger du diocèse de Goma.

Il a précisé que le choix des intervenants répond également à cette réalité.

« Il y aura des prêtres, des religieux et des religieuses qui aborderont des thématiques d’ordre socio-psychologique. D’autres intervenants traiteront des questions liées à l’environnement, à la gestion des conflits, à la prise en charge psychologique personnelle, ainsi que d’autres sujets essentiels pour les jeunes », a-t-il déclaré.

Le thème central de cette 15ᵉ édition du Forum régional des jeunes est : « Jeunes, témoins de l’Espérance et artisans de paix. »

Pour la première fois, le territoire de Rutshuru accueillera ce grand rassemblement de jeunes de la sous-région des Grands Lacs. Environ 8 000 jeunes sont attendus à cette édition.

Emmanuel Barhebwa

Débat sur le changement constitutionnel en RDC : « On ne change pas la charpente d’une maison qui brûle », estime Blaise Baibonge, notable de Masisi

« Je prendrai position sur cette question lorsque les villages de mon territoire d’origine, Masisi, ainsi que d’autres territoires du Nord-Kivu et de l’ensemble de l’Est de la RDC seront totalement sécurisés. » C’est ainsi que le notable Blaise Baibonge, connu depuis plusieurs années pour ses prises de position en faveur des populations de son fief natal, a réagi ce vendredi 12 juin 2026.

À travers cette sortie médiatique, alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution divise les partisans et les opposants au projet porté par le président Félix Tshisekedi, ce fils de Masisi tient à préciser qu’il n’est ni pour ni contre ce changement.

« Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les populations civiles continuent de fuir. La souffrance est totale dans ces deux provinces, théâtre de certains des affrontements les plus meurtriers et violents d’Afrique. Pendant ce temps, à Kinshasa, le débat sur la Constitution est priorisé. Il y a un décalage que je ne peux cautionner. On ne change pas la charpente d’une maison qui brûle », a-t-il déclaré.

Le notable de Masisi ne soutient pas pour autant que la Constitution de 2006 est parfaite. Il ne demande pas non plus son abandon. Il pose plutôt un préalable : « Ramenez la paix à Masisi, Rutshuru, Beni, Djugu, Nyiragongo, Kwamouth et dans certaines localités du Sud-Kivu. Ensuite, je m’assiérai à n’importe quelle table pour discuter du mandat présidentiel, de la décentralisation ou encore de la justice. »

Selon lui, cette position reflète les préoccupations des millions de déplacés de l’Est du pays, avec lesquels il reste en contact quotidiennement, particulièrement en cette période difficile.

« Modifier la Constitution alors que plus de sept millions de personnes sont déplacées, c’est comme coudre un costume à un homme qui saigne. Les habitants ne me parlent pas de tel ou tel article en ce moment. Ils me demandent plutôt si leurs champs à Masisi, Rutshuru ou Nyiragongo leur appartiennent encore », a-t-il ajouté.

Conscient que sa position peut être perçue comme ambiguë, Blaise Baibonge l’assume : « Le jour où mes villages seront sécurisés, je prendrai position sur le texte. Pas avant. »

En attendant, la Constitution de 2006 demeure en vigueur, tandis que les combats se poursuivent dans l’Est du pays. Le jeune notable affirme rester « entre deux chaises », convaincu que la première loi d’un pays, c’est la paix.

« Je suis du camp des déplacés », résume-t-il.

Pendant que la situation sécuritaire demeure volatile dans plusieurs territoires et localités des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, le pouvoir en place a lancé le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Ce débat suscite une vive méfiance de la part de l’opposition ainsi que de certains leaders et organisations de la société civile, tandis qu’il bénéficie du soutien des partisans du pouvoir.

Rédaction

Région des Grands Lacs : l’activiste Seth Tsongo mise sur la conservation de l’environnement pour reconstruire la paix entre la RDC, le Rwanda et le Burundi

Alors que les conflits armés continuent de fragiliser les relations entre les populations de la République démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi, de nouvelles initiatives émergent pour promouvoir la coexistence pacifique à travers des approches innovantes. Parmi elles, l’organisation Shujaa-Initiative, dirigée par l’activiste Seth Tsongo, mise sur la conservation environnementale des écosystèmes partagés comme levier de réconciliation et de construction d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Malgré les tensions persistantes, les peuples de ces trois pays sont liés par une histoire commune, des relations humaines étroites ainsi que par des ressources naturelles essentielles à leur survie, note cet activiste environnementaliste.

 Les forêts, les lacs et les écosystèmes transfrontaliers constituent un patrimoine commun qui crée une interdépendance écologique, économique et sociale entre les communautés de la région.

Cependant, déplore-t-il, ces richesses naturelles font face à de nombreuses menaces liées aux conflits, à la pression démographique et aux effets du changement climatique. 

Pour Seth Tsongo et son organisation Shujaa-Initiative, la gestion commune de ces ressources peut devenir un puissant instrument de rapprochement entre les peuples et favoriser une coopération transfrontalière porteuse de stabilité.

« La nature ne doit pas être perçue uniquement comme un enjeu écologique, mais aussi comme un espace de rencontre, de solidarité et de réconciliation entre les communautés », soutient Seth Tsongo, qui plaide pour une approche intégrée entre préservation de l’environnement et promotion de la paix.

Au-delà des actions de conservation, le projet accorde une place importante aux arts et à la culture comme moyens de sensibilisation et de transformation sociale. Le théâtre-forum participatif, le slam, la musique engagée, la danse, la poésie et d’autres formes d’expression artistique sont mis à contribution pour encourager le dialogue, déconstruire les préjugés et lutter contre les discours de haine.

En impliquant particulièrement les jeunes et les communautés locales, ces activités visent à renforcer une vision commune de l’avenir, fondée sur la coexistence pacifique et le développement durable.

À travers cette approche, Shujaa-Initiative souhaite démontrer que la protection collective des forêts, des lacs et des écosystèmes qui unissent la RDC, le Rwanda et le Burundi peut également contribuer à restaurer la confiance entre les populations et à jeter les bases d’une paix durable au bénéfice des générations présentes et futures dans la région des Grands Lacs.

La Rédaction

Journée mondiale de l’environnement : les personnes atteintes d’albinisme appelées à s’engager dans l’action climatique

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, une vingtaine de personnes atteintes d’albinisme en province de la Tshopo ont pris part jeudi 04 juin 2026 à une conférence-débat organisée par l’organisation Shujaa-Initiative dans le cadre du projet Climate for Halth and Dignity, une initiative visant à promouvoir la santé, la dignité et la résilience face aux effets du changement climatique.

Portant sur le thème « l’engagement des personnes atteintes d’albinisme dans l’action climatique », la conférence a été animée par le Docteur Véronique Lemba, elle-même atteinte d’albinisme, et a constitué un cadre d’échanges et de réflexion sur les conséquences du changement climatique sur les conditions de vie des personnes atteintes d’albinisme, particulièrement exposées à l’intensification du rayonnement solaire et aux fortes chaleurs.

Dans son intervention l’oratrice du jour a insisté sur la nécessité pour cette communauté de développer une posture d’engagement et de responsabilité, plutôt que de se considérer uniquement comme victimes des effets néfastes du changement climatique.

A travers les échanges, plusieurs participants ont reconnu qu’ils disposaient de peu de connaissances sur les questions environnementales. Certains ont avoué qu’ils ignoraient le rôle de l’humain dans les questions climatiques, estimant notamment que le réchauffement climatique relevait uniquement de la volonté divine.

Progressivement, grâce aux explications et aux témoignages partagés, ils ont pris conscience que certaines pratiques humaines contribuent à la dégradation de l’environnement et que chacun peut jouer un rôle dans sa préservation.

« Les échanges m’ont permis de comprendre que moi aussi je peux contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique dans mon entité. Je remercie sincèrement la facilitatrice du jour et les organisateurs de cette active. Je m’engage désormais à appliquer les pratiques écoresponsables dans ma communauté, tel que je l’ai appris » a souligné un des participants.

Cette prise de conscience a suscité chez les participants un réel désir d’en apprendre davantage et de s’impliquer activement dans les initiatives de protection de l’environnement, s’est réjoui Seth Tsongo, coordinateur de Shujaa Initiative.

« Cette activité a été une source de satisfaction et d’encouragement. Elle témoigne que le projet répond à un besoin réel de la communauté cible et renforce la détermination à poursuivre les différentes activités prévues dans le cadre de ce projet qui vise la dignité, la santé des personnes atteintes de l’albinisme et leur implications dans la protection de l’environnement » a-t-il déclaré.

À travers cette initiative, les organisateurs lancent également un appel à la communauté et aux partenaires à soutenir les efforts entrepris afin de garantir la réussite de ce projet et de contribuer à une meilleure inclusion des personnes atteintes d’albinisme dans les actions de lutte contre le changement climatique.

La Rédaction 

RDC/Lubero : un véhicule de l’ONG Mercy Corps percute trois enfants à Mighobwe, une fillette meurt et deux élèves blessés

Vers 13 heures de ce mercredi 27 mai 2026, un véhicule de marque Land Cruiser de l’ONG Mercy Corps a accidentellement percuté une fillette de 5 ans à Mighobwe Centre, dans la zone de santé de Kayna, sur l’axe Kaseghe-Mighobwe, en chefferie des Batangi, territoire de Lubero (Nord-Kivu).

Malgré l’intervention rapide des secours, l’enfant n’a pas survécu à ses blessures, rapporte Joël Basombolene Miryange, infirmier au Centre de santé de Mighobwe :

« Sur le tronçon Kaseghe-Mighobwe, un véhicule de Mercy Corps a mortellement percuté une fillette de 5 ans dans un accident de circulation routière. L’enfant est décédée sur place. »

Le corps de la victime a été transféré à la morgue du Centre de santé de référence CBCA Kirumba, en attendant le programme des obsèques.

Par ailleurs, un second accident impliquant le même véhicule a été signalé sur le tronçon Busesa, à proximité de l’Institut Kandole. Selon plusieurs témoignages concordants, le véhicule est entré en collision avec une moto transportant deux élèves.

La moto a été gravement endommagée et ses deux passagers blessés.

« Nous avons également reçu deux jeunes garçons tamponnés par le même véhicule de Mercy Corps. Ils sont actuellement internés au Centre de santé de Mighobwe. Ils sont conscients mais blessés », a ajouté l’infirmier Joël Basombolene.

Parmi les blessés figure Mumbere Kitere, âgé de 14 ans, qui témoigne :

« J’ai été blessé sur la route principale menant vers Kirumba alors que je venais de Mighobwe. Notre moto est entrée en collision avec le véhicule de Mercy Corps. J’ai plusieurs blessures qui nécessitent des soins médicaux. La moto a aussi été endommagée. Nous demandons à Mercy Corps de réparer la moto et de prendre en charge les frais médicaux. »

Le second blessé, Kambale Mugheni Mechack, âgé de 18 ans, souffre d’une fracture au bras droit, selon les sources médicales. Il sollicite également une prise en charge médicale complète par l’organisation concernée afin de retrouver sa santé.

Contacté ce jeudi matin, Kambale Mwangaza, chef de centre de Mighobwe, a indiqué que le véhicule de Mercy Corps provenait de Kaseghe en direction de Kirumba au moment des faits.

Les autorités locales annoncent l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les circonstances exactes de ces accidents survenus sur la Route nationale numéro 2 (RN2)

Dans une déclaration officielle transmise à notre rédaction, Mercy Corps s’est dite profondément attristée par cet incident :

 » Mercy Corps est profondément attristée par la mort d’un jeune enfant ainsi que par les blessures signalées à la suite de l’accident de la route survenu à Mighobwe. Nos pensées vont aux familles affectées ainsi qu’à l’ensemble de la communauté de Mighobwe. » peut-on lire dans une correspondance adressée à notre redaction.

 »Nous coopérons avec les autorités locales compétentes alors qu’elles examinent les circonstances de cet incident. Nos équipes sont également en contact avec les familles touchées et les représentants de la communauté afin d’évaluer les besoins immédiats et de veiller à ce que cette situation soit traitée avec tout le sérieux, la dignité et l’attention qu’elle requiert. Mercy Corps attache une importance particulière à exercer ses activités de manière sûre, transparente et en étroite collaboration avec les communautés qu’elle sert.  »écrit l’organisation.

Lee Sadiki Kajibwami