Face à la réapparition et à la progression, depuis quelques semaines, de la maladie à virus Ebola dans l’Est de la RDC, l’évêque de Goma, Mgr Willy Ngumbi, appelle la population à l’unité, à la confiance envers les services de santé et au respect strict des mesures sanitaires afin de limiter la propagation de cette épidémie.
Dans un point de presse ce lundi 25 mai 2026 à Goma, le prélat catholique a voulu rassurer ses fidèles ainsi que l’ensemble de la population de son diocèse, la plupart découragés et angoissés par cette nouvelle crise sanitaire qui survient dans un contexte déjà marqué par de multiples crises sécuritaires, économiques et humanitaires.
« Les crises sont passagères et elles sont rapidement surmontées lorsque chacun privilégie l’intérêt commun », a déclaré Mgr Willy Ngumbi.
L’évêque de Goma a ainsi invité toute la communauté locale à soutenir les efforts des autorités sanitaires en appliquant les mesures préventives mises en place pour lutter contre cette maladie mortelle.
Celui-ci est également revenu sur les actions que mène l’Église catholique dans la riposte contre cette 17e épidémie d’Ebola, notamment la sensibilisation de la population et la collaboration avec les autorités sanitaires à travers le Bureau diocésain des œuvres médicales (BDOM).
« En tant qu’Église, nous ne sommes pas uniquement préoccupés par les questions spirituelles. Notre préoccupation, c’est l’homme dans son intégralité. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas croiser les bras lorsque la santé de nos fidèles est menacée. Nous avons lancé un communiqué de sensibilisation sur les mesures préventives qui a été lu dans toutes les communautés paroissiales. Nous sommes aussi en collaboration avec les autorités sanitaires à travers nos techniciens du BDOM pour soutenir la riposte contre cette épidémie », a-t-il souligné.
Dieu a-t-il abandonné Goma?
Réagissant à ceux qui considèrent cette nouvelle épidémie comme « une crise de trop » pour une ville déjà éprouvée par les guerres, les catastrophes naturelles et les difficultés économiques, Mgr Willy Ngumbi a rejeté toute idée d’abandon de Dieu ou d’éventuelle malédiction évoquée par certains.
« Dieu ne peut jamais nous abandonner », a-t-il insisté.« Ce n’est pas parce qu’il y a une maladie en cette période de crise que nous devons conclure que Dieu nous a abandonnés ou que nous sommes maudits. Dieu ne peut jamais vouloir le mal pour l’homme. Les guerres que nous connaissons, par exemple, sont l’œuvre des hommes eux-mêmes, de leur cupidité, de leur recherche du pouvoir et de positionnement. Dieu n’a rien à voir dans tout cela », a-t-il expliqué.

Le prélat de Goma note plutôt que les crises sont normales et passagères dans la vie de l’homme et estime que chaque crise doit pousser la société à renforcer la solidarité et le sens du bien commun.
« Dans la vie, nous traversons beaucoup d’épreuves : des guerres, des catastrophes naturelles, des maladies… Mais Dieu a donné à l’homme l’intelligence nécessaire pour trouver des solutions et surmonter ces crises. Les crises sont passagères et Ebola passera aussi… Toutefois, les crises durent lorsque chacun cherche son propre intérêt au lieu de penser au bien de tous », a-t-il ajouté.
La prière seule peut-elle guérir Ebola ?
Mgr Willy Ngumbi a également insisté sur la nécessité de combiner la foi et la responsabilité personnelle dans la lutte contre chaque maladie, affirmant que la prière ne remplace pas les efforts des hommes ni les mesures préventives contre l’épidémie.
« Qu’on ne vous trompe pas : ce n’est pas seulement par la prière qu’on guérit d’Ebola ou d’une autre maladie », a-t-il indiqué.
Selon lui, la première attitude à adopter en cas de maladie reste le recours aux structures sanitaires.
« Lorsqu’on est malade, il faut d’abord aller à l’hôpital afin que les médecins posent un diagnostic et administrent les soins nécessaires. La prière vient ensuite soutenir les efforts humains », a précisé l’évêque de Goma.
Enfin, Mgr Willy Ngumbi souhaite que cette nouvelle épidémie d’Ebola en RDC pousse les autorités et les communautés à renforcer davantage la prévention, l’éducation sanitaire et la confiance de la population envers les services de santé.
Emmanuel Barhebwa


