La communauté diocésaine de Goma a conduit, jeudi 20 août 2026, à leurs dernières demeures trois autres consacrés, deux jours seulement après les obsèques de l’abbé Jacques Paluku Letakamba, prêtre du diocèse de Goma décédé le 4 août 2026. L’abbé Désiré Munyakarambi, son confrère, s’est éteint dans la soirée du 17 août 2026, le jour même de la veillée mortuaire organisée en hommage à l’abbé Jacques Letakamba. La sœur Marie-Goretti Ndaziramiye, membre de la congrégation des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul de Roeselare, a également tiré sa révérence au cours de cette même soirée. À ces deux décès s’ajoute celui de la sœur Donatila Nyirabukeye, fille de Marie Reine des Apotres de Bukavu, décédée le 13 août 2026.
En l’espace de quelques jours, le diocèse de Goma a ainsi été frappé par la disparition de quatre consacrés. Une succession de deuils qui a plongé la communauté diocésaine dans une profonde tristesse et le recueillement, marquant l’une des pages les plus douloureuses de son histoire récente.
Des funérailles marquées par l’unité de l’Église
La messe de funérailles des trois derniers consacrés a été célébrée en la paroisse-cathédrale Saint-Joseph de Goma. Elle a été présidée par le vicaire général du diocèse de Goma, représentant l’évêque diocesain, empêché pour des raisons de santé.
La célébration a rassemblé des milliers de participants, majoritairement des consacrés et des fidèles laïcs proches des illustres disparus, parmi lesquels ceux venus du Rwanda, de la ville de Bukavu et d’ailleurs.
Dans son homélie, le vicaire général a souligné le caractère inédit de ces funérailles, qui, selon lui, témoignent également de l’unité qui caractérise la vie consacrée et l’ensemble de la communauté ecclésiale.
S’appuyant sur l’Évangile du jour, consacré à la parabole du vêtement de fête aux noces, il a établi un parallèle entre la vie des trois consacrés et le vêtement de fête évoqué par le Christ.
« Dieu nous convie tous les jours à la fête. Et il est étonné de trouver parmi nous quelqu’un qui ne porte pas l’habit de fête. La tenue de noces, c’est le choix de suivre le Christ, c’est avoir un cœur pur, un cœur tourné vers Dieu et un cœur sincère », a-t-il indiqué.
Évoquant la vie des trois religieux dont les funérailles étaient célébrées, le vicaire général a estimé qu’ils étaient demeurés fidèles à leur engagement spirituel jusqu’au dernier moment de leur vie.
« Les trois consacrés dont nous célébrons aujourd’hui la naissance au ciel sont restés fidèles à la prière jusqu’au dernier moment de leur vie. Aujourd’hui, ils nous apprennent l’unité de l’Église, la fidélité à nos engagements et surtout à être en habit de fête… »
« Notre douleur est grande, mais notre espérance est plus grande » (Mgr Willy Ngumbi)
Dans un message adressé aux fidèles de Goma et lu par son chancelier au cours de cette messe de requiem, l’évêque de Goma, Mgr Willy Ngumbi, a exprimé, depuis la ville de Kinshasa, sa communion fraternelle avec l’ensemble de la communauté diocésaine, particulièrement avec les familles biologiques et religieuses des trois consacrés.
Face à cette succession de deuils, l’évêque a invité les fidèles à garder l’espérance chrétienne face à l’épreuve.

Notre douleur est grande, a-t-il reconnu, mais notre espérance est plus grande. « Que le Seigneur nous donne la force de traverser cette épreuve et qu’il transforme peu à peu nos larmes en espérance » implore l’évêque de Goma.
Mgr Willy Ngumbi a ensuite adressé un dernier hommage aux trois consacrés, confiant leurs ames à la miséricorde de Dieu :
« Votre mission terrestre est maintenant achevée, mais le fruit de votre témoignage demeure dans le cœur de ceux que vous avez rencontrés. Que Saint Joseph, patron de la bonne mort, vous accompagne auprès du Seigneur et que Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux vous accorde le repos éternel. »
Avant la fin de la célébration, une quinzaine de délégations ont tour à tour déposé des gerbes de fleurs en hommage aux trois illustres disparus, n signe de gratitude pour tout ce qu’ils ont accompli au service de la communauté au cours de leur vie. Leurs dépouilles ont été ensuite conduites au cimetière ecclésiastique de Buhimba, où ils reposent désormais aux côtés d’autres consacrés du diocèse de Goma. Ils y ont rejoint notamment l’abbé Jacques Paluku Letakamba, inhumé deux jours auparavant,
Ces quatre décès successifs ont ainsi plongé le diocèse de Goma dans une période de deuil particulièrement éprouvante. Au-delà de la douleur, ces célébrations funéraires ont constitué un moment de communion, de prière et de rappel de la vocation des consacrés à demeurer fidèles à leur engagement jusqu’au bout.
Emmanuel Barhehbwa


