« Je prendrai position sur cette question lorsque les villages de mon territoire d’origine, Masisi, ainsi que d’autres territoires du Nord-Kivu et de l’ensemble de l’Est de la RDC seront totalement sécurisés. » C’est ainsi que le notable Blaise Baibonge, connu depuis plusieurs années pour ses prises de position en faveur des populations de son fief natal, a réagi ce vendredi 12 juin 2026.
À travers cette sortie médiatique, alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution divise les partisans et les opposants au projet porté par le président Félix Tshisekedi, ce fils de Masisi tient à préciser qu’il n’est ni pour ni contre ce changement.
« Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les populations civiles continuent de fuir. La souffrance est totale dans ces deux provinces, théâtre de certains des affrontements les plus meurtriers et violents d’Afrique. Pendant ce temps, à Kinshasa, le débat sur la Constitution est priorisé. Il y a un décalage que je ne peux cautionner. On ne change pas la charpente d’une maison qui brûle », a-t-il déclaré.
Le notable de Masisi ne soutient pas pour autant que la Constitution de 2006 est parfaite. Il ne demande pas non plus son abandon. Il pose plutôt un préalable : « Ramenez la paix à Masisi, Rutshuru, Beni, Djugu, Nyiragongo, Kwamouth et dans certaines localités du Sud-Kivu. Ensuite, je m’assiérai à n’importe quelle table pour discuter du mandat présidentiel, de la décentralisation ou encore de la justice. »
Selon lui, cette position reflète les préoccupations des millions de déplacés de l’Est du pays, avec lesquels il reste en contact quotidiennement, particulièrement en cette période difficile.
« Modifier la Constitution alors que plus de sept millions de personnes sont déplacées, c’est comme coudre un costume à un homme qui saigne. Les habitants ne me parlent pas de tel ou tel article en ce moment. Ils me demandent plutôt si leurs champs à Masisi, Rutshuru ou Nyiragongo leur appartiennent encore », a-t-il ajouté.
Conscient que sa position peut être perçue comme ambiguë, Blaise Baibonge l’assume : « Le jour où mes villages seront sécurisés, je prendrai position sur le texte. Pas avant. »
En attendant, la Constitution de 2006 demeure en vigueur, tandis que les combats se poursuivent dans l’Est du pays. Le jeune notable affirme rester « entre deux chaises », convaincu que la première loi d’un pays, c’est la paix.
« Je suis du camp des déplacés », résume-t-il.
Pendant que la situation sécuritaire demeure volatile dans plusieurs territoires et localités des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, le pouvoir en place a lancé le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Ce débat suscite une vive méfiance de la part de l’opposition ainsi que de certains leaders et organisations de la société civile, tandis qu’il bénéficie du soutien des partisans du pouvoir.
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