Santé sexuelle des étudiants : le doctorant Kambale Nzengera Jean-Lebon révèle des statistiques préoccupantes sur les IST

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Réunis ce lundi 16 février 2026 à l’Université de Goma, près de 200 étudiants venus de différentes institutions universitaires de la ville ont pris part à une conférence consacrée à la santé sexuelle et à la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST).
L’activité s’inscrivait dans le cadre de la journée mondiale des IST célébrée le 14 février de chaque année, ont indiqué les organisateurs.

Au cours de ces échanges, l’orateur du jour, le doctorant Kambale Nzengera Jean‑Lebon, actuel chargé des recherches à l’École de santé publique de UNIGOM et coordinateur du troisième cycle en santé publique au sein de la même institution; a présenté des données jugées alarmantes quant à l’évolution des contaminations aux IST.

Dans son exposé, le chercheur a alerté sur la progression inquiétante de ce type d’infections en République démocratique du Congo et à l’échelle mondiale, appelant à une prise de conscience collective, en particulier chez les jeunes en milieu universitaire.

Selon lui, « les infections sexuellement transmissibles constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique chez les jeunes de 15 à 24 ans, avec des conséquences potentiellement graves, notamment sur la fertilité, le cancer du col de l’utérus ou encore la transmission de la mère à l’enfant ».

S’appuyant sur des données épidémiologiques, il a indiqué qu’« environ un tiers des nouveaux cas d’IST dans le monde concerne les jeunes de moins de 25 ans ».
Une situation qui n’épargne pas le milieu universitaire congolais où, estime-t-il, certains comportements sexuels à risque favoriseraient la propagation des infections.

« Une étude menée dans plusieurs universités de la RDC(incluant Goma) montre que les comportements sexuels à risque sont très fréquents chez les étudiantes et étudiants (plus de 60 %) avec une forte probabilité d’infections liées à des rapports non protégés et à la multiplicité des partenaires », a-t-il souligné.

Au-delà de ces comportements, le doctorant a évoqué d’autres facteurs favorisant l’exposition aux IST chez les étudiants. Parmi les facteurs individuels figurent le faible usage des préservatifs et des contraceptifs, le manque de connaissances spécifiques sur les modes de transmission des IST, les symptômes et les méthodes de prévention. Sur le plan social, il a pointé la stigmatisation et les tabous entourant la sexualité et les IST, les pressions académiques, l’influence de l’environnement social, ainsi qu’une sexualité souvent vécue sans encadrement éducatif formel.

Face à ce constat, le doctorant a proposé plusieurs pistes de solutions à différents niveaux.
Aux universités, il a recommandé l’intégration de programmes d’éducation sexuelle et de prévention des IST dans la formation des étudiants.
Aux familles, il a conseillé d’encourager un dialogue ouvert et sain sur la sexualité afin de réduire les tabous, tout en encourageant les jeunes au dépistage volontaire et à l’adoption de comportements protégés.
Il a également appelé les structures communautaires, leaders locaux, ONG et médias à renforcer la sensibilisation, à créer des cadres sûrs d’information accessibles aux jeunes, et à lutter contre la stigmatisation.


S’adressant directement aux étudiants, Jean-Lebon a fortement insisté sur l’usage correct et systématique du préservatif, rappelant qu’il constitue une double protection : contre les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/sida, mais aussi contre les grossesses non désirées.

Kambale Nzegera Jean-Lebon est également revenu sur le rôle essentiel des services de santé sexuelle et reproductive appelés à offrir aux jeunes un accès facile, confidentiel et à coût réduit au dépistage ainsi qu’à la prise en charge des infections, y compris le VIH. Ces services doivent aussi assurer la distribution des préservatifs et d’autres matériels de prévention, tout en renforçant la sensibilisation et la formation des prestataires de santé sur une communication adaptée aux jeunes. Selon lui, ces structures méritent d’être davantage renforcées à Goma et soutenues par des partenaires techniques et financiers tels que UNFPA, dans le cadre de la promotion de la santé sexuelle et reproductive.

Notons qu’outre les étudiants de l’Université de Goma, la conférence a également réuni ceux de ULPGL, de UNIM et de ISESOD.
Intéressés par la thématique, plusieurs participants ont plaidé pour l’organisation régulière de séances similaires dans les milieux universitaires afin de sensibiliser un plus grand nombre de jeunes.

La Rédaction

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