C’est dans le cadre du projet Amani Kwetu qu’une trentaine de journalistes de Goma, en République démocratique du Congo, et de Rubavu, au Rwanda; ont été outillés mercredi 21 janvier 2026 sur leur responsabilité dans la promotion de la paix au sein de leurs deux pays et dans toute la sous-région des Grands Lacs, marquée par des décennies de conflits armés et de tensions politiques récurrentes.
La Commission épiscopale Justice et Paix du Rwanda (CEJP-Rwanda), structure porteuse de cette initiative, justifie sa démarche, explique l’abbé Valens Niragire son responsable, par la volonté de produire et de diffuser au sein des communautés des contenus informationnels qui font la promotion de la paix plutôt que la guerre, l’amour et la cohabitation pacifique au lieu de la haine et de la méfiance, ainsi que la justice sociale.
Séance tenante, les journalistes ont été appelés à faire preuve de responsabilité et à se baser sur quatre principes fondamentaux dans le traitement de l’information : « Dire sans nuire, montrer sans choquer, dénoncer sans condamner et informer sans décourager ».
Conscients du fait qu’ils sont parfois eux-mêmes victimes des conflits armés dans la région, les professionnels des médias ont été invités à la retenue et à l’objectivité dans leur travail.
« Une information traitée avec émotion peut envenimer la situation. Une image ou des mots peuvent aussi tuer, au même titre que les armes », a souligné Mme Aisha Umukobwa, facilitatrice de la session.

Émus par les échanges, les journalistes participants à cette assise ont pris l’engagement de devenir des bâtisseurs de paix dans la région, en freinant la propagation de tout discours de haine ou de manipulation de l’opinion publique.
Ils ont promis d’accorder davantage d’espace, dans leurs médias respectifs, aux messages de paix et de cohabitation pacifique, de donner plus de voix aux leaders religieux et aux acteurs communautaires influents qui œuvrent pour le vivre-ensemble et qui découragent la haine.
« J’ai été marqué par la richesse des échanges avec les collègues du Congo. Ensemble, nous avons partagé nos expériences et compris que notre travail a un impact très important au sein de nos communautés. D’où mon engagement à pratiquer désormais un journalisme de paix, qui fait barrage à tout discours de haine et à toute information susceptible de diviser », a témoigné Shema Salomon, journaliste basé Rubavu, travaillant pour le média Rwanda Broadcasting Agency.
Même impression pour Jean-Rostand Vusangi, journaliste basé à Goma, qui estime que de telles initiatives devraient se multiplier afin de renforcer la cohésion entre les populations des deux pays et de bannir la méfiance alimentée par les tensions politiques persistantes entre leurs autorités.
Des sessions similaires ont été annoncées par la même organisation en faveur des journalistes d’autres zones transfrontalières, notamment ceux de Bukavu, au Sud-Kivu, et de Cyangugu, au Rwanda.
Emmanuel Barhebwa