Libération d’Alexis Karamu : Ce que la Justice refuse de prendre en compte pour reconnaitre son innocence.

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“Si le maire ou les autorités judiciaires se veulent un coupable à Goma pour expliquer l’insécurité qui prévaut dans la ville de Goma, il est mieux de chercher les vrais coupables en mettant des moyens en jeu pour faire des enquêtes sérieuses afin d’identifier les véritables voleurs au lieu de jeter le filet sur des personnes innocentes », s’indigne un artiste après l’arrestation ce mardi du comédien et écrivain congolais Alexis Karamu Ntwali à Kivu Nyota.

En effet, c’est ce mardi 19 janvier  2021 qu’est arrêté l’artiste par les éléments de la Police et un procès est rapidement organisé publiquement l’après-midi en présence du maire de la ville présidé par le président du Tribunal de Grande instance de Goma, le magistrat Joachim Ngimbi. A l’issue de ce procès éclair, Alexis est condamné à 7 ans de prison ferme avec une grosse somme d’argent d’amende.

Que lui reproche-t-on ?

Selon le ministère public et les accusateurs, Monsieur Alexis Karamu serait complice et ‘’manager’’ (chef ndlr) de ces voleurs qui venaient d’être attrapés en flagrant délit après avoir dévalisé la boutique d’une fille d’un ministre national en exercice.

En effet, la police accompagnée par le voleur venait de trouver le colis volé (quelques pagnes et autres biens)  chez Monsieur Alexis Karamu et l’avait arrêté parce que le voleur avait dit que le colis volé se trouvait chez un certain ‘’Alexis’’ la même journée un procès avait été organisé publiquement à la mairie de Gomaà l’issu du quel une condamnation a été prononcé sans tenir compte des explications de Monsieur Alexis  ou prendre les témoignages de ses voisins.

Que s’est-il réellement passé ?

Voici la vérité sur les événements ayant conduit l’arrestation arbitraire d’Alexis Ntwali Karamu que la Justice refuse de croire.

Mardi 19 janvier 2021, il est 4h20, le quartier Shaba est voilé dans sa sinistre robe obscure. Il fait très noir et surement, à cause du couvre-feu, les paisibles citoyens s’alitent encore dans leur domicile. A quelques minutes de la paroisse Shaba loge Alexis Karamu dans une parcelle non clôturée qui se situe sur une route en avenue qui mène vers la route principale de la paroisse Shaba. La porte de sa maison dont il partage le bâtiment en planches avec celle de son bailleur (bailleresse) s’ouvre directement vers la petite rue fréquentée par des passants de toute nature.

A  l’aube de ce mardi, Alexis est alerté par Salima, une petite fille de la bailleresse d’environ 12 ans qui le réveille d’urgence selon que la bailleresse est gravement malade. Alexis se réveille, enfile sa jaquette. En culotte, ouvre la porte en direction de la maison de sa bailleresse. Devant sa porte, il trouve un colis d’objet qu’il n’ouvre pas mais annonce directement à ses voisins qui ne savent pas s’en occuper à cause de l’urgence de la malade de leur voisine.

Lire l’intégral de son témoignage  et comment les faits se sont déroulés

Dans le procès, le ministère public a refusé de croire que le prévenu Alexis s’était réellement réveillé pour aller secourir la malade et que c’était une pure et pire coïncidence d’avoir retrouvé les ‘’choses’’ devant sa maison ou même que les ayant retrouvé devant sa maison, il ait pu alerter les voisins. Comment quelqu’un qui est voleur trouvant les objets qu’on lui a apporté pouvait alerter les voisins. Sauf si on insinue que tous les voisins sont complices. Puisque le ministère public a refusé d’interroger les voisins, voici le témoignage de ceux qui vivent avec Alexis et qui ont été présents lorsque la femme était malade, celle pour laquelle le jeune Alexis Karamu s’est réveillé pour secourir et qui témoignent avoir vu le colis volé.

S’appuyant sur les déclarations malhonnête du voleur, le ministère public a soutenu que lorsque le voleur a été attrapé, il a cité nommément Alexis disant que c’est chez lui (chez Alexis qu’étaient les objets volait’’ ce qui appuyait encore sa culpabilité. Pourtant l’avocat qui a défendu Alexis a posé des questions au voleur pour savoir s’il le connaissait mais celui-ci a rassuré se contredisant qu’il ne l’avait jamais rencontré auparavant. Le lendemain, lors d’un entretien que Kivu Nyota a obtenu avec le voleur, il a démenti tous les faits. (Malheureusement nous ne savons vous présenter la preuve le son étant mauvais).

Si le voleur a dit une fois attrapé qu’il connaissait le nom de celui chez qui était cachés les objets volés, selon comme l’appuyait le ministère public, voici le témoignage d’un de ceux qui étaient présents lorsque le voleur a été attrapé et qui a assuré que le voleur ne connaissait pas le nom de monsieur Alexis mais l’a seulement cité lorsque les gens ont prononcé son nom découvrant son domicile  et décidant de noyer Alexis pour ne pas être arrêté seul.

Le même témoignage est appuyé par celui du policier qui est arrivé pour la première fois au domicile de Monsieur Alexis, au cours du procès public organisé le mardi apparemment pour satisfaire les autorités.

Au vu de tous les éléments que Kivu Nyota a pu recueillir, il s’avère deux hypothèses : la première serait que les voleurs qui fuyaient leurs poursuivants ont, pour faciliter leur mobilité, déposé les objets à la maison de la victime qui se situe juste au passage de la route en vue de retourner les reprendre mais les choses ont mal tourné ensuite. Deuxième hypothèse est que  si on en croit  un des témoignages du voleur qui a prétendu qu’il y a leur chef dans ce parage et qui serait  dans ce coin, ce que ce serait quelqu’un d’autre qu’Alexis dont la police devrait fournir d’effort pour le retrouver et libérer l’artiste innocent.  Selon le voleur, Jonathan Ushindi, le seul qui connaitrait le véritable ‘’manager’’ serait un certain Kevin, un des complices de la soirée qui avait fui au côté d’un autre qui s’appelle Lucien.

 Il ne fait l’ombre d’aucun doute que si Monsieur Alexis était soit disant leur chef, découvrant ces objets, il n’aurait pu les montrer aux voisins mais les aurait caché directement.

Les artistes à Goma réclament depuis deux jours déjà sur les réseaux sociaux la libération d’un des leurs qu’ils connaissent comme un garçon, calme, intègre, honnête et qui d’ailleurs sert Dieu dans un ministère à la paroisse du Mont-Carmel et qui n’a pas de famille à Goma que la communauté des artistes.

Que la Justice soit faite !

Patrick Bassham