Une Pâques sous Corona Virus: Mgr Willy invite au renouvellement intérieur

Privé de fidèle, presque seul, c’est depuis la chapelle de l’évêché de Goma que Mgr Willy Ngumbi célébrera la messe de Pâques, le moment le plus important dans la tradition chrétienne qui rappelle la résurrection du Christ.  Depuis le début du Triduum pascal, un effectif de seulement une dizaine de personnes pouvait être compté entre autres quatre prêtres et six religieuses, les fidèles pouvant suivre la messe sur Radio Maria depuis le Jeudi saint et à la télévision RTNC/Nord-Kivu le dimanche. Confinement obligé, l’évêque de Goma a tenu à respecter les mesures prises par les autorités pour stopper la pandémie du Corona Virus. 

Dimanche 12 avril 2020, jour de Pâques, l’évêque de Goma, son Excellence Mgr Willy Ngumbi célèbre la messe de la Résurrection en direct de l’évêché de Goma. Seulement quelques prêtres l’accompagnent, l’abbé Innocent Mukambilwa, directeur du CDPCL, l’abbé Adeodatus, directeur de la Radio Maria, l’abbé Célestin MUHINDO, son secrétaire particulier  et l’abbé Eugène.

La congrégation des Sœurs Filles de Marie   s’occupe de la liturgie de la Parole et de tous les chants. Une belle chorale qui permet aux chrétiens qui suivent la messe de la Radio Maria de bien prier à travers leurs voix mélodieuses.  Depuis le jeudi, Mgr Willy Ngumbi centre son message sur la joie qu’inspire la Pâques et la grâce de conversion qu’elle procure. Il ne manque pas de centrer ses homélies sur l’enjeu du moment, la lutte contre la pandémie du Corona Virus. Il y revient d’ailleurs de plus en plus pendant la messe de Pâques.

Au cours de son homélie, l’évêque invite les fidèles à chanter alleluia, pour ‘’louer le Seigneur’’ et lui dire ‘’merci’’ pour sa résurrection.  « Nous devons rendre grâce aujourd’hui à cause de la résurrection de Jésus parce que Dieu nous a montré qu’il est le puissant, qu’il est le vainqueur, et que lui c’est le créateur du monde, celui qui est l’origine et la fin de tout ce qui existe, c’est lui l’Alpha et l’Omega. Alors nous devons aujourd’hui rester dans cette joie de Pâques, la joie de la résurrection du Christ »

Pâques, une invitation au renouvellement intérieur

Pour Mgr Willy Ngumbi, la fête de Pâques est une occasion en or pour les chrétiens à se recréer, à  quitter l’ombre et entrer dans la lumière. « Nous avons suivi dans l’évangile de saint Jean, 20, 1-9, on nous dit que ça s’est passé le premier jour de la semaine, de bon matin. Nous sommes dans un nouveau commencement. Une nouvelle semaine commence, une nouvelle journée ; c’est à ce moment-là que nous avons reçu le message de la Pâques, que le Christ est vivant, qu’il est sorti du tombeau à travers le message de Marie Madeleine.

C’est pour nous dire qu’avec Pâques nous commençons une nouvelle vie. Nous devons accepter d’être renouvelé, d’être recréé, d’être refait de l’intérieur. Et là c’est une invitation à chacun d’entre nous :  Accepter d’être un homme nouveau, une femme nouvelle, une femme recréée, en Jésus-Christ, par Jésus Christ, comme l’a invité Saint-Paul, à quitter nos vieux vêtements,

‘’Continuons à vivre dans le confinement, à respecter les mesures d’hygiène’’

qui empêche aujourd’hui les messes à être célébrées normalement.  Il reste confiant que ce danger soit promptement écarté. « Nous célébrons aujourd’hui la Pâques du Seigneur. Nous sommes dans la joie de Pâques mais c’est sûr que nous allons retrouver encore la crise du Corona Virus dans nos vies, dans nos quartiers, dans nos maisons, dans nos familles, et cela jusque quand nos gouvernants, nos autorités, le Chef de l’Etat, le gouvernement de notre pays nous dira ‘’nous pensons que cette pandémie est passée, ce n’est plus qu’une affaire du passé, nous pouvons maintenant commencer une vie normale comme nous avons toujours l’habitude de faire, que les chrétiens peuvent se réunir, à 100, à 200, à 1000 pour célébrer la joie de Pâques ». Malgré la célébration de la Pâques, Mgr Willy Ngumi invite les fidèles au respect des mesures préventives pour lutter contre la pandémie de la maladie à corona virus.

« Frères et sœurs, continuons à vivre dans le confinement, à respecter les mesures d’hygiène, les mesures de protection mutuelle. Soyons tous sensibles à nous protéger nous-mêmes et à protéger nos voisins. Continuons à appliquer strictement les mesures d’hygiène que le gouvernement nous a données, de nous laver chaque fois les mains avec du savon. Si vous ne pouvez pas avoir du savon, vous pouvez toujours utiliser le gel désinfectant, respecter la distance entre nous lorsque nous nous rencontrons, éviter de nous saluer en nous serrant la main, pas d’accolades, pas d’embrassade, pas de bisou, tout ce que vous faites qui vous rapproche de très près. Nous devons éviter ce contact rapproché les uns avec les autres. C’est parmi les mesures que notre gouvernement nous a données. Si vous pouvez acheter les masques, achetez-les et utilisez-les  lorsque vous sortez de chez vous. De préférence, éviter de sortir pour n’importe quel motif. Ne sortez que quand vous avez une raison importante, indispensable pour sortir. Et si jamais, dans nos maisons, dans nos familles, quelqu’un commence à montrer des signes qu’il est malade, accourons vite et amenons-le à l’hôpital, chez les infirmiers, chez le personnel soignant pour que, eux qui ont le moyen, la technique pour savoir dépister, détectent si la personne a la maladie à corona virus ou pas. » Mgr Willy Ngumbi attire l’attention sur la dangerosité de cette maladie qui est déjà  présente chez nous.  « On ne peut plus s’imaginer le corona virus comme une maladie lointaine, de la Chine, de l’Europe, de l’Italie, de France, d’Espagne, Etats Unis, non. Corona Virus, c’est une maladie qui est déjà au Congo avec plus de 200 cas repérés, et plus de 20 décès comme on l’entend. »

Y a-t-il des prêtres du diocèse de Goma à l’étranger atteints du Corona Virus ?

A cette question, l’évêque de Goma ne se plaint pas. Il rend encore une fois grâce à Dieu. Aucun prêtre du diocèse de Goma à l’étranger pour raison d’étude, de stage ou de service sacerdotal n’a été atteint du COVID-19. Il demande à tous les chrétiens de son diocèse et particulièrement à toutes les familles de rester confiants. Pour lui, c’est grâce à leurs disciplines que ces hommes au service de Dieu demeurent sains, un exemple qu’il convie une fois de plus à suivre.

Malgré le COVID-19, une Pâques réussie grâce à l’apport de plus d’un.

Mgr Willy Ngumbi clôture la célébration de la Résurrection du Christ en lançant des messages des vœux. En prélude, il pense aux évêques honoraires dont Mgr Théophile Kaboy et Faustin Ngabu et puis tous les prêtres et sœurs dans le doyenné de Goma et d’autres doyennés du diocèse de Goma et tous ceux à l’extérieur du diocèse. Il souhaite bonne fête de Pâques aux séminaristes, novices et postulants dans les maisons de formation et de retraite, les souffrants, les jeunes désœuvrés et désorientés par manque d’emploi, les enfants à la  maison n’étudiant pas actuellement à cause de la pandémie du COVID-19.  Mgr Willy Ngumbi souhaite aussi heureuse Pâques aux autorités  provinciales du Nord-Kivu, au gouverneur de la province du Nord-Kivu, au président de l’Assemblée provinciale, aux généraux de l’Armée et de la Police, à toutes les autres confessions religieuses.

Mgr Willy Ngumbi remercie l’équipe ayant contribué à la réalisation de la messe à savoir la RTNC, la Radio Maria, l’Abbé Célestin Muhindo et tous les prêtres ayant célébré avec lui la messe, la congrégation des Sœurs Fille de Marie, l’Economat général du Diocèse de Goma.

Patrick BASSHAM

Sud-Kivu/Covid-19 : Deux malades déclarés guéris (le gouverneur Théo Ngwabidje)

La province du Sud-Kivu vient d’enregistrer ses deux prémières guérisons des malades du Covid-19. L’annonce vient d’être faite devant la presse, ce lundi 20 avril 2020, par le gouverneur du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi.

Cette province,qui comptait jusque-là 4 cas confirmés du Covid-19, isolés et pris en charge à Bukavu, ne reste qu’avec 2 cas sous sa pris en charge.

Ces deux vainqueurs de cette maladie vont sortir du centre d’isolement et de prise en charge et vont rejoindre désormais leurs familles dès ce lundi 20 avril 2020, a fait également savoir Théo NGWABIDJE KASI.

Il sied de noter que le Sud-Kivu a annoncé samedi 18avril, le début des tests de toutes les personnes qui ont été en contact avec les cas confirmés du Covid-19.

Emmanuel BARHEBWA

Beni-Réapparition d’Ebola: 5 cas confirmés à ce jour

Dans une déclaration à la presse locale, dans la matinée de ce vendredi 17 avril 2020, le maire de la ville de Beni, vient de confirmer le 5 ème cas d’Ebola à Beni, depuis sa réapparition le 10 avril dernier.

L’autorité urbaine appelle la population à l’apaisement et à la responsabilité. « Notre ville vient d’enregistrer le 5 ème cas d’Ebola. J’appelle la population à la conscience responsable », a déclaré Bwanakawa Masumbuko Nyonyi.

La RDC allait déclarer la fin de cette épidemie le 12 avril sur l’ensemble de son territoire, n’eût été ce nouveau cas decouvert le 10 avril. Il s’agissait d’un jeune homme de 26 ans qui en est décédé.

Toutefois, des baricades ont été observées ce jeudi, dans les rues de la ville de Beni. Certains habitants de ce coin protestaient contre la réapparition de cette épidémie dans leur région, réclammant la déclaration de sa fin .Ils fustigent ce qu’ils qualifient « d’Ebola business ».

Pendant ce temps, le maire Nyonyi demande à toute personne qui se reconnaitrait contact de bien vouloir approcher les équipes de la riposte.

Emmanuel BARHEBWA

Lutte contre le covid-19 au Nord-Kivu: « les anesthésistes-réanimateurs bien préparés pour sauver les vies des malades en état critique »

Du mardi 08 au samedi 11 avril 2020, vingt anesthésistes-réanimateurs de la ville de Goma et de ses environs, ont été formés sur la prise en charge des malades du Covid-19 en situation critique et l’utilisation des respirateurs automatiques pour leur réanimation.

Organisée par les organisations « Kivu Emergency Medical group (KEMG en sigle) » et « Société des anesthésistes-réanimateurs de la RDC (STARDC en Sigle) », sous l’appui du diocèse de Goma ( à travers la Caritas) et du ministère provincial de la santé, cet atelier de formation a été une occasion, selon les organisateurs, de renforcer les capacités et compétences des anesthésistes-réanimateurs et urgentistes du Nord-Kivu, en vue de les préparer à une bonne prise en charge des malades du Covid-19 qui présenteraient des complications.

La cérémonie de clôture de cet atelier de formation est intervenue ce samedi 11 avril 2020 et a connu la participation de quelques grandes personnalités du Nord-Kivu, telles que Mgr Willy Ngumbi Ngengele, évêque du diocèse catholique de Goma ou le docteur Janvier Kubuya, Chef de la Division Provinciale de la Santé au Nord-Kivu.

Pour Poteau KAMBALE, un des organisateurs de cette formation, « la satisfaction est totale du fait que les  bénéficiaires se sont appropriés la matière ». À lui d’inviter ses collègues à capitaliser cette matière pour faire face à ce grand ennemi :  le corona virus.

 » Cette pandémie exige des compétences locales, vu qu’aucun malade ne peut être transféré à l’étranger pour suivre les soins. C’est pourquoi tous les anesthésistes-réanimateurs formés doivent comprendre qu’ils sont des combattants et qu’ils doivent capitaliser leurs compétences pour affronter cet ennemi invisible, qui est le Covid-19″ insiste Poteau KAMBALE, soulignant que les portes de formateurs restent ouverts pour recevoir toute question individuelle de chaque anesthésiste-réanimateur qui voudra approfondir les enseignements reçus.

Prenant la parole, au cours de cette cérémonie de clôture, le docteur Janvier Kubuya, chef de division de la division provinciale de la santé, salue le mariage entre le diocèse de Goma et la province sanitaire du Nord-Kivu, sans lequel cette formation ne se tiendrait pas dans les meilleures conditions. « Je me rappelle lorsqu’on discutait avec nos collègues par rapport à la meilleure organisation de cette formation, on se demandait où on pouvait disposer des ressources financières. On n’a pas attendu plus d’une journée pour recevoir une réponse positive du diocèse de Goma…Nous avons reçu une somme importante d’argent qui nous permet aujourd’hui à pouvoir organiser de la meilleure manière cette session de formation. Et encore une preuve de la consolidation de ce mariage auquel je faisais référence tout à l’heure, entre le diocèse de Goma et la province sanitaire du Nord-Kivu. »

 Janvier Kibuya souhaite que, grâce à ce mariage, ladite formation se poursuive dans d’autres zones de santé du Nord-Kivu, en dehors de la ville de Goma.

« Nous sommes rassurés que cette session ne va pas se limiter uniquement à la ville de Goma parce que la province n’est pas seulement Goma. Notre province sanitaire dispose de 34 zones de santé. » fait remarquer Janvier. « Je sais que nous allons devoir élaborer un plan, en conformité avec celui que nous avons déjà fourni, pour que nous puissions également renforcer les compétences d’autres collègues qui habitent en dehors de Goma. » souligne-t-il.

« Ma plus grande préoccupation comme pasteur est de savoir comment accompagner le peuple de Dieu, devant cette maladie tragique et douloureuse » Mgr Willy NGUMBI

Mgr Willy NGUMBI NGENGELE, éveque du diocèse de Goma, dans la salle de formation des anésthésistes-réanimateurs pour la cérémonie de cloture

« Ma plus grande préoccupation comme pasteur est de savoir comment accompagner le peuple de Dieu, devant cette maladie tragique et douloureuse ». C’est par cette citation du pape François que Mgr Willy NGUMBI NGENGELE, évêque du diocèse de Goma débute son discours lors de la cérémonie de clôture de l’atelier de formation des anesthésistes-réanimateurs du Nord-Kivu. Dans son discours, le berger du diocèse de Goma parle de l’importance que l’Eglise catholique de Goma accorde à la santé de ses fidèles insistant sur l’indispensabilité de cette formation en  cette période où le bilan des décès des malades dues au Covid-19 est en train de s’alourdir davantage dans le monde. « C’est une maladie dont la vitesse de contagiosité est très rapide et dont le taux de létalité est très élevé. » reconnait Willy Ngumbi, qui estime par ailleurs que, la RDC doit plus se focaliser sur la prévention ou  le devancement de cette maladie, vu son insuffisance des moyens nécessaires  pour faire face à celle-ci.  » Dans notre pays on a dénombré un nombre insignifiant des respirateurs automatiques. Ce qui signifie que l’explosion possible de cette maladie risque d’entrainer une catastrophe jamais vécue dans notre histoire… C’est pourquoi devancer ce fléau est la mesure la plus efficace dans notre pays. »  souligne-t-il.

L’évêque de Goma a, par la suite, rendu hommage au chef de l’Etat, au gouvernement congolais et ses partenaires, pour tous les efforts qu’ils ne cessent de fournir afin d’éradiquer cette pandémie au pays. Il n’a pas, non plus, manqué de remercier la Caritas/Australie qui a financé cette formation, à la demande du diocèse de Goma. « Grace à elle, vingt anesthésistes-réanimateurs maitrisent les mesures de prévention de la maladie à Covid-19 dans l’exercice de leurs métiers et savent manipuler  les respirateurs-automatiques, au cours de l’assistance respiratoire des malades à Covid-19 qui présentent des troubles respiratoires sévères. » se réjouit Willy, qui bénit ensuite cette association « Que Dieu fructifie la source de leurs revenus ».

Mgr Willy Ngumbi, avant de conclure son discours, encourage les vingt anesthésistes-réanimateurs formés, les rassurant de son soutien dans l’exercice de leurs métiers. « À vous  vaillants anesthésistes-réanimateurs, capacités durant 4jours, du 08 au 11 avril 2020, et prêts à faire front à cette maladie, je vous encourage dans cette lutte ardue. Je suis rassuré de vos compétences à gérer efficacement les complications respiratoires de cette maladie qui est la cause principale de différents décès ».

« En ce temps de Pacques, je souhaite aux uns et aux autres de bien s’engager dans la lutte contre cette maladie afin que nos familles, nos frères et sœurs puissent être prêts à vaincre cette tragédie. » Conclut le numéro un du diocèse de Goma.

Il convient de noter que les cinq cas de Covid-19,enregistrés jusque au samedi 11 avril 2020, en province du Nord-Kivu, sont tous en bonne évolution; d’après la division provinciale de la santé.

Emmanuel BARHEBWA.

Formation des anesthésistes-réanimateurs à Goma : « Le Covid-19 ne sera vaincu que par les compétences locales ; il n’est plus question ici d’être transféré à l’étranger pour les soins » (KAMBALE Poteau)

Il s’est clôturé ce samedi 11 avril 2020, à l’hôtel la joie plazza de Goma, une session de formation à l’intention des anesthésistes-réanimateurs du Nord-Kivu portant sur la gestion des malades du Covid-19 et l’utilisation des respirateurs pour la réanimation de ces patients.

À cette effet, votre rédaction a eu en entretien exclusif cette semaine, Monsieur KAMBALE KATSUVA Poteau, anesthésiste agrégé de l’hopital « Heal Africa » de Goma, et un des organisateurs de cette formation, pour avoir une idée générale sur l’effectivité de l’activité.

 KNH: Monsieur Kambale Katsuva Poteau, bonjour!

KKP: Bonjour Monsieur le journaliste

 KNH : Vous venez d’organiser une session de formation de 4 jours, à l’intention des anesthésistes-respirateurs du Nord-Kivu. Peut-on savoir quels ont été les objectifs de cette activité ?

KKP : L’Objectif général de cette activité était de capaciter les anesthésistes-réanimateurs, de mettre à leur disposition des outils qui pourront leur permettre d’intervenir quand c’est nécessaire auprès des malades souffrant du Covid-19. C’était ça l’objectif général.

Dans la spécificité maintenant, cette formation visait que chaque anesthésiste-réanimateur, technicien ou médecin, soit à mesure d’assister un malade qui a besoin de l’oxygénothérapie;  de gérer les voies respiratoires auprès d’un malade qui est déjà en souffrance; de manipuler les respirateurs automatiques, utilisés lorsque le malade ne sait plus comment respirer; et enfin, qu’il soit aussi en mesure de se protéger, parce que nous avons constaté que la plupart des personnels médicaux meurent en pareilles situations faute d’être bien préparés. Nous voudrions ainsi qu’à la fin de cet atelier, ils soient à mesure de se protéger, de protéger l’environnement dans lequel ils travaillent et protéger aussi l’équipement qu’ils utilisent car cet équipement coûte extrêmement cher. 

 KNH : Pouvez-vous nous faire une synthèse des enseignements ayant fait l’objet de cette session de formation ? 

KKP : Merci pour la question ! D’une façon brève, nous avons eu quatre modules très capitaux, pour que l’anesthésiste-réanimateur soit bien outillé :

Premièrement nous lui avons montré de quoi il s’agit, lui expliquant la problématique du moment c.à.d. nous lui avons parlé d’une façon générale du Covid-19. Et ici, on lui a montré que cette maladie n’est plus seulement à l’étranger ou ailleurs mais que c’est arrivé ici chez nous et même ici en province du Nord-Kivu, où nous avons déjà cinq cas. Ça c’était le 1er module, présenté par le professeur John IMPAVUDU, un professeur d’université, qui s’y connait très bien.

Le deuxième module c’était en rapport avec la gestion des voies respiratoires. On n’a pas voulu tergiverser, on est allé directement au but. Nous avons montré aux anesthésistes-réanimateurs comment ils peuvent faire pour pouvoir protéger les voies respiratoires des malades.

Le troisième module c’était en rapport avec l’anesthésie. Comment l’anesthésiste-réanimateur peut conduire l’anesthésie chez un malade souffrant du Covid-19. Ça c’était aussi un autre module présenté par un expert de « Médecin sans Frontière » et de l’ONG « KEMG ».

Le quatrième et le dernier module c’était en rapport avec la sécurisation et la manipulation des appareils respirateurs ou anesthésiques.

 KHN : À l’issue de cet atelier de formation, quelle évaluation pouvez-vous faire ? Est-ce que vos objectifs ont été atteints ?  

KKP : En tout cas, entant que formateur et organisateur, je suis personnellement satisfait. Satisfait par le fait que les anesthésistes-réanimateurs se sont appropriés l’activité. Nous sommes satisfaits du fait qu’ils ont abandonné leurs multiples occupations et ont mis en avant cette activité. Deuxièmement notre satisfaction c’est de les avoir vu à l’œuvre à travers les exercices pratiques qu’ils ont effectués. À travers cette pratique, on a vu qu’ils se sont bien débrouillés et nous sommes dans notre aise. Mais nous savons que nous allons continuer toujours avec plusieurs pratiques de ces genres pour nous rassurer qu’ils sont vraiment bien outillés.

les anesthésistes-réanimateurs en pleine séances-pratiques pendant de la session de formation

 KHN : Pouvez-vous nous parler des difficultés que vous avez rencontrées dans l’organisation de cette activité ? Et comment les avez-vous surmontées ?

KKP : Bien sûr !  Nous avons connu plusieurs difficultés dans l’organisation de cette activité. La première difficulté est liée au temps. Il n’était pas trop suffisant pour nous afin de préparer et organiser l’activité comme il se doit. Faute de nos multiples occupations, le temps de préparation n’a pas été suffisant. La deuxième difficulté concerne la carence des matériels. Bien sûr qu’on peut se dire qu’on va former les gens, mais comment avoir l’équipement requis ? La troisième difficulté c’est en rapport avec les ressources humaines, c.à.d. la difficulté de trouver les formateurs. Heureusement pour nous, cette difficulté a été surmontée grâce à l’ONG « KEMG » qui a mobilisé pour nous quelques experts, sans oublier les hôpitaux « Heal Africa » et « Charité maternelle » qui ont mis en notre disposition, non seulement, les formateurs spécialisés en la matière mais également quelques kits de matériels pour la pratique. L’autre difficulté était liée aux ressources financières. Nous n’avions pas assez des moyens pour l’organisation de cette activité. Heureusement que la Caritas nous est venu en aide sur ce point-là, en nous donnant une somme d’argent pour juste trouver de l’eau que les gens devraient boire pendant la formation et le cadre dans lequel devrait se tenir l’activité.

 KNH : Quel message pouvez-vous adresser à tous vos collègues anesthésistes-réanimateurs ?

KKP : Pour les amis qui viennent de bénéficier de cette formation, nous leur demandons de capitaliser cela et de ne pas croiser les bras. Ils doivent comprendre qu’ils sont des combattants qui viennent de recevoir toutes les consignes possibles pour affronter cet ennemi invisible qui est le Corona. Nous leur demandons encore de venir vers nous, de nous contacter quand il y a des difficultés ou des sollicitations. Pour les autres provinces, nous voudrions qu’ils imitent aussi notre initiative. Le covid-19 exige que chaque pays puisse se concentrer sur les potentialités locales puisqu’il n’y a plus question ici d’être transféré en Afrique du Sud, en Espagne ou en Europe pour les soins. Et c’est pourquoi nous devons renforcer les compétences locales. Tous les confrères d’autres provinces doivent voir comment ils peuvent aussi s’organiser, trouver les capacités locales et faire quelque chose comme ce que nous venons de faire.

 KNH : Avez-vous un dernier mot à placer à l’intention de tous nos lecteurs ?

KKP : Pour finir je demande au gouvernement de mettre à notre disposition des moyens. On ne peut pas dire que la RDC manque de l’argent. Il n’y a que la volonté qui manque. Nous avons des fils dignes de ce pays, prêts à rendre un bon service à la nation. La STARDC (Société des techniciens et anesthésistes de la RDC) par exemple, est prête à fournir des personnels compétents. Il y a aussi la KEMG (Kivu emergency medical group), qui est prête à consulter les facilitateurs partout au monde, pouvant nous donner des outils comme appareils, supports, … Nous demandons donc au gouvernement d’être ouvert à nos sollicitations. Chaque fois que nous viendrons vers eux, qu’ils soient prêts à nous accompagner. Et nous, nous sommes prêts à leur rendre un bon service comme celui que nous venons de leur rendre maintenant, en mettant en place vingt combattants dignes pouvant affronter Corona Virus au niveau provincial.

Aussi, il faut souligner que nous entrevoyons plusieurs activités allant dans le même sens mais notre plus grand défi reste le manque des moyens financiers. D’où l’occasion ici, de demander de l’aide aux personnes de bonne volonté pour nous accompagner dans tout ce que nous faisons.

 KNH: Monsieur Kambale Katsuva Poteau, Kivunyota Hebdo vous remercie! 

KKP: C’est nous qui vous remercions, monsieur le journaliste.

Propos recueillis par Emmanuel BARHEBWA

Urgent-Nord-Kivu: Un malade du Covid-19 déclaré guéri, le nombre des cas passe de 5 à 4

La « bonne nouvelle » vient de tomber dans l’après-midi de ce lundi 13 avril 2020. Dans un communiqué officiel parvénu à la rédaction de Kivunyota Hebdo, le gouvernement provincial du Nord-Kivu vient d’annoncer la guérison d’un cas de Covid-19 parmi les 5 cas confirmés,il y a 9 jours en province.

Le même communiqué précise que le cas qui vient d’être déclaré guéri fait partie des 3 cas confirmés de la ville de Goma.

« En application du protocole de prise en charge, un cas est à ce jour déclaré guéri dans la ville de Goma. » peut-on lire sur ce communiqué.

Le même communiqué precise que les 4 autres cas restants sont pris en charge et leur état de santé est sans particulairité, tout en soulignant que leurs nombreux contacts sont aussi suivis et conseillés de se confiner à la maison.

Cependant, tout en rappelant les mesures de prévention contre cette pandémie,le gouvernement provincial du Nord-Kivu conseille à toute la population le port et l’usage des masques même ceux en tissus confectionnés localement afin de limiter la propagation du Covid-19.

Notons qu’au niveau national,le total des 235 cas positifs dont 1 nouveaux cas à Kinshasa.

Emmanuel BARHEBWA